Haut-plateaux sud du Vercors et Glandasse

OAyant trois jours de libres à la fin de mes partiels, j’en ai profité pour enfin aller visiter les haut-plateaux du Vercors. Le temps n’ayant pas été trop méchant, j’ai pu passer trois jours à me régaler les yeux. Et en plus, j’ai rencontré Scal, un MUL qui m’avait aidé à établir mon parcours.

Au niveau du parcours, je dois remercier Scal, qui m’a proposé des idées vraiment pas mal. J’ai suivi ses indications tout le week-end, mais à 1km près vu que j’étais toujours perdu. 😀

Jour 1 : Die → pas de Bret → col du Menil et balcon du Glandasse → cabane du Pison → Chaumailloux

Pour ce premier jour, la météo annonce grand beau. Mais durant cette semaine de mauvais temps, j’ai remarqué que des orages se formaient en fin de journée au dessus du Vercors, donc je m’attend à prendre quelques gouttes.
Je pars de Die vers 8h30 et me dirige vers le pas de Bret. La montée est soutenue mais agréable, malgré le bruit des voitures qu’on entend par intermittence. De là haut, je me dirige vers le col du Menil, puis suis le balcon du Glandasse. C’est un chemin forestier bien agréable et roulant, j’avance d’un bon pas. Au détour d’un virage, je remarque une drôle de souche sur le chemin, à une dizaine de mètres de moi. Alors que je sors l’appareil pour la photographier, elle tourne sa tête vers moi : la souche n’est rien d’autre qu’un beau chamois adulte. Il continue doucement son chemin, et me laisse l’approcher relativement près. D’ailleurs, ça rendra jaloux le MUL que je retrouverais le dimanche, lui qui est plutôt habitué aux chamois avec des distances de fuite se comptant en centaine de mètre. 😀
Une fois arrivé à la cabane du Pison (rustique mais super sympa) où je m’abrite le temps d’une petite averse, je monte rejoindre le plateau. De là, je suis les indications que Scal m’avait donné pour éviter de trop passer sur les sentiers battus. Pour tout vous dire, ça marchera pas mal, vu que je vais passer les deux jours à me perdre. Au moins, je suis loin des sentiers battus. 😆
J’arrive au dessus de Chaumailloux un peu avant 16h. Alors que les nuages étaient noirs et qu’on entendait rouler le tonnerre au loin, le ciel se dégage et je peux profiter d’une vie absolument magnifique pour mon bivouac.

La vue sur Die depuis le pas de Bret

La vue sur Die depuis le pas de Bret

Les contreforts du Vercors

Les contreforts du Vercors

L’abbaye de Valcroissant

L’abbaye de Valcroissant

Cette année, les gentianes sont tardives (on se demande pourquoi)

Cette année, les gentianes sont tardives (on se demande pourquoi)

Le chamois qui se demande si je le suis

Le chamois qui se demande si je le suis

Parce que oui, je le suis

Parce que oui, je le suis

La vue depuis mon bivouac quand j’arrive

La vue depuis mon bivouac quand j’arrive

Quasiment la même vue, mais quelques heures plus tard

Quasiment la même vue, mais quelques heures plus tard

Le mont Aiguille depuis Chaumailloux

Le mont Aiguille depuis Chaumailloux

Les couleurs du couchant sur les montagnes autour de Chaumailloux

Les couleurs du couchant sur les montagnes autour de Chaumailloux


Jour 2 : Chaumailloux → tête Chevalière → bergerie du pré du Roi → tête du jardin → plateau du Glandasse → cabane de Châtillon

La météo du jour n’est pas fameuse : des pluies orageuses sont annoncés. Mais je pars sous un soleil a peine voilé, et ai bon espoir pour la matinée. Au niveau du chemin suivi, c’est simple : entre 7h et 13h, je suis en hors-sentier (d’aucuns diraient que je me suis perdu ; je préfère dire que je pars à la découverte du Vercors). Mais ça ne me pose pas trop de problème, car j’ai repéré les sommets caractéristiques (notamment la croix du Lautaret) et me dirige par rapport à eux.
Après être redescendu vers la cabane de Chaumailloux pour faire le plein d’eau (je fais bien, je ne croiserai pas une seule source jusqu’au soir), je pars en direction de la tête chevalière. Comme au bout d’environ une demi-heure j’ai perdu la sente, je decide de rejoindre la crête et de la suivre jusqu’à la tête. Au moins je suis sûr d’arriver à destination. Malheureusement, le temps se couvre et le vent se lève ; je ne m’attarde pas là-haut et descend rapidement en direction de la bergerie de Chamousset. Avec moi, “en direction” signifie que je ne la croiserai pas. Je suis vraisemblablement passé trop au nord vu mon angle d’arrivée à la bergerie du pré du Roi. Mais bon, la progression sur le plateau est assez facile, et tous les 200m je trouve une sente (probablement des sentes de bestioles) que je m’empresse de perdre à chaque fois. Grâce à la croix du Lautaret, j’arrive à la bergerie par l’ouest.
Là, une sente est censée m’amener vers la tête du Peyssé. Bien entendu, je la perd, et donc je me retrouve sur la tête du Jardin. Mais finalement je suis bien content : la vue sur le cirque d’Archiane et le plateau du Glandasse est magnifique, et trois vautours fauves m’offrent un ballet majestueux le long des hautes falaises. Deux d’entre eux passeront à quelques mètres de mois alors que j’étais vers le bord de la falaise, c’était assez impressionnant.
Je continue à me perdre et descend vers le carrefour des quatre-chemins, où j’emprunte une portion du GR pour remonter sur le Glandasse. Une fois sur la plaine du Roi je le quitte pour suivre une sente qui me permet d’éviter un long détour. Sur celle-ci, je croise deux bouquetins en train de se battre, une troisième et une étagne les observant. Pas plus gênés que ça par ma présence, ils me regardent quelques secondes avant de recommencer leurs bruyants assauts. Impressionnant…
Bien entendu, je perd la sente. Mais je retrouve facilement le GR. Heureusement, car le brouillard apparait, et je ne vois pas à 20m. Je rate la bergerie de Laval-d’Aix ; je décide de continuer jusqu’à la cabane de Châtillon pour pouvoir profiter de la cabane.
Je passe une soirée agréable en compagnie de deux autres randonneurs. On allume le poele, on écoute la pluie, et on cause : c’est sympa. Vers 20h30 un randonneur montant de Châtillon vient se protéger de la pluie le temps de manger un bout ; il prévoit de continuer encore un peu pour aller planter le bivouac vers un coin à chamois. Il est très interessé par mon parcours, sur lequel il me demande pas mal de détails. Au bout d’un moment, il me dit :
« – C’est marrant, je connais un gars d’un forum qui devait faire le même parcours que toi…
– Ah ?
– Tu connais randonnée-léger ?
– Ah, ça doit être moi.
– Shanx ?
– Scal ? »
Et voilà comment se déroule ma première rencontre MUL. 🙂
On discute pas mal. C’est un véritable puits de science (normal pour un ancien spéléo ^^) sur tout ce qui concerne le Vercors, j’apprends plein de choses. Finalement, il me propose de m’accompagner faire le tour du Royou le lendemain, ce que j’accepte bien volontiers.
Mes trois compagnons sont assez estomaqués (c’est le cas de le dire) par mon régime alimentaire en rando. J’ai appliqué les préceptes du forum et ai décidé de partir en mode XUL pour la nourriture : je mange 2 ou 3 pépito durant une journée de marche (petit déj’ compris), et un morceau de pain avec du saucisson le soir. MUL jusqu’au bout ! 😀

Le ciel est couvert quand j’arrive à proximité de la tête Chevalière

Le ciel est couvert quand j’arrive à proximité de la tête Chevalière

La plaine de Chamousset

La plaine de Chamousset

La bergerie du jardin du Roi

La bergerie du jardin du Roi

C’est le printemps, pas l’automne !

C’est le printemps, pas l’automne !

Le hors-sentier est sympa dans le coin

Le hors-sentier est sympa dans le coin

Arrivé à la tête du Jardin

Arrivé à la tête du Jardin

Le bord du cirque d’Archiane depuis la tête du Jardin

Le bord du cirque d’Archiane depuis la tête du Jardin

Panorama sur le plateau du Glandasse

Panorama sur le plateau du Glandasse

Les vautours fauves ne passent pas loin

Les vautours fauves ne passent pas loin

Première fois que je vois des bouquetins se battre

Première fois que je vois des bouquetins se battre

Et c’est impressionnant

Et c’est impressionnant

Un cabri qui nous a tranquillement regardé remplir ma poche à eau à la source. On ne l’a vu que lorsqu’on partait.

Un cabri qui nous a tranquillement regardé remplir ma poche à eau à la source. On ne l’a vu que lorsqu’on partait.

La source de Beaume Rousse est sur une belle vire

La source de Beaume Rousse est sur une belle vire

Jour 3 : tout du Royou → Dôme de Glandasse → balcon du Glandasse → Châtillon en Diois

Le lendemain, on part à 7h. Scal a prévu large, il s’est levé à 4h45 (erreur de réveil) 😆 Par contre le temps est gris, dommage. Heureusement, on n’aura quasiment pas de pluie. Juste quelques alertes, histoire qu’on enfile nos protections pour rien.
On fait le tour du Royou en 2h, en prenant le temps d’observer les bêtes. On verra plus d’une dizaine de chamois (ça court vite, ces bestioles !) et quelques jeunes bouquetins. Comme dit Scal, l’avantage des bouquetins, c’est qu’ils ne nous donnent pas l’impression d’être des intrus : ils sont pas farouches pour deux sous et nous laisse nous approcher assez facilement (presque trop…).
Il me propose de m’accompagner jusqu’au sommet du Dôme. Là encore, je suis heureux de pouvoir profiter de sa compagnie. On monte, mais les nuages ne sont pas loin, donc pas de vue. On descend rapidement en hors-sentier vers la source qu’il y a sur le flanc, puis on rattrape le sentier aux ruines de Malcollet. Scal, qui devait me tenir compagnie jusqu’au comptoir à moutons, me propose que je descende avec lui sur Châtillon, pour qu’il me ramène en voiture à Valence. Bon, ben on passera la journée ensemble. 🙂
Sur le balcon du Glandasse, il y a pas mal de bouquetins, toujours aussi peu farouches. Je peux aussi observer les formations rocheuses assez étonnantes, une sorte d’agglomérat de roche qui parait pas bien stable.
Ensuite, on descend vers le col Fauchard. Mais à mi-chemin, Scal m’entraine sur une “sente” (probablement employée seulement par des chasseurs morts depuis 3 ou 4 générations. Ça vous donne une idée de l’état de la sente…) qui nous évite une descente et une remontée inutiles. Je peux donc maintenant vous dire que Scal aussi peut se perdre dans le Vercors. 😀 « C’est par là – Non, en bas – Ah zut, c’est bloqué – Et par là ? – Ah non, c’était en haut. On remonte ! » Le tout sur un terrain raide, avec des buis de partout, de petits éboulis de marnes… Mon sac en porte une marque indélibile (le mesh du dessus s’est pris un accroc). Deux versions s’affrontent : pour Scal, “il a eu son baptême du Vercors”. Pour moi, “il a eu son baptême de Scal”. 😆
Finalement, on retrouve la sente. Alors que Scal s’estime sorti d’affaire, je lui dis de ne pas crier victoire trop vite. Un quart d’heure plus tard, nous sommes perdu. 😀
En tout, on aura perdu un peu plus d’une demi-heure. Bon, j’avoue que c’était rigolo…
Après un petit encas au col de Caux (où je fais tellement pitié à Scal avec mon second Pepito de la journée qu’il me fait manger une de ses pommes 😀 ), on descend sur Châtillon, puis on rentre sur Valence.

La source de Font froide

La source de Font froide

La seule photo que j’ai de Scal : MUL sous X

La seule photo que j’ai de Scal : MUL sous X

La philosophie de Scal : pour voir des bêtes, passons où elles passent. (Il y a un bouquetin au milieu)

La philosophie de Scal : pour voir des bêtes, passons où elles passent. (Il y a un bouquetin au milieu)

Des formations rocheuses impressionnantes sur le balcon du Glandasse. (Il y a encore un bouquetin)

Des formations rocheuses impressionnantes sur le balcon du Glandasse. (Il y a encore un bouquetin)


Les cabris d’un an ne sont pas farouches

Les cabris d’un an ne sont pas farouches

J’étais persuadé que c’était des ruines

J’étais persuadé que c’était des ruines

Le bon chemin, avant que Scal ne nous fasse passer sur des sentes de chevreuils

Le bon chemin, avant que Scal ne nous fasse passer sur des sentes de chevreuils

Pour résumer :
– le Vercors, c’est beau et c’est plein d’animaux
– le hors-sentier y est sympa (pour peu qu’il n’y ait pas de brouillard)
– merci Scal pour tes conseils avant le départ
– merci Scal pour ta compagnie 🙂

J’y retournerai !

Grand tour des Cévennes

Pour résumer un peu le trajet : je suis parti de Langogne (à 50km au sud du Puy-en-Velay), et j’ai rejoins Alès 6 jours plus tard après un parcours de 220km. J’ai fait un patchwork de pas mal de GR et GRP, et une trace du parcours (avec quelques modifications, mais flemme de tout refaire) est dispo sur openrunner.

Jour zéro :
Initialement, je devais partir le jeudi midi, après les cours (et faire sauter le vendredi). Chance, mon école ajoute un examen le jeudi après-midi. Et bien que ce soit une épreuve des plus ennuyantes (compta), pas moyen d’y échapper. Du coup, je pars beaucoup plus tard que prévu, et arrive au Puy vers 19h. Arrivé là-bas, je m’éloigne du centre pour me trouver un spot de bivouac tranquille, où je testerai pour la première fois en condition mon réchaud à bois fait maison.

Premier lancement sur le terrain

Premier lancement sur le terrain

Il fait encore chaud, et je resterais en t-shirt jusqu’au moment de me coucher.

Jour un :
Au réveil, il pleut, il fait froid, et je suis pas content. J’enfile la doudoune (incredible de Cumulus, dont c’est la première grosse sortie), et le rain cut. Je vais les garder non-stop durant 3 jours.

Je prend le bus pour Langogne (10€ pour 50km), où j’arrive un peu avant 9h. J’attaque le chemin sous la pluie, et me dirige résolument vers le brouillard. Un peu de gr70, un peu de gr700 pour couper quand je peux… J’avais aussi prévu de passer par les crêtes des sources de l’Allier, mais le mauvais temps m’en empêche (il fait vraiment trop mauvais pour ne pas doucher ma motivation). Je m’arrête à proximité de La Bastide-Puylaurent.

Paysage type de la journée

Paysage type de la journée

Jour deux :
Amélioration notable par rapport à la veille : il neige. Bon, ça ne va pas faciliter mon passage du mont Lozère, mais bon…

Je me dirige donc vers le Bleymard. Même type de chemin que la veille, mais le paysage est probablement mieux (je pense qu’on doit avoir de beaux points de vue sur le mont Lozère). “Probablement”, car le brouillard m’empêche de voir quoi que ce soit.

Arrivé au Bleymard, je me dirige vers la station, que j’atteins une heure plus tard. Les conditions sont déplorables, le vent emporte tout mon courage. Je bivouac contre un des batiments de la station déserte, avec un auvent qui me protège de la neige.

Départ sous la neige

Départ sous la neige


Moralité : durant ces deux jours, qui étaient de toute façon prévus comme étant les moins interessants, je n’ai pas vu grand chose, et n’ai pris quasiment aucune photo (en même temps, avec l’appareil dans le sac…).

Jour trois :
Normalement, le temps est censé s’améliorer aujourd’hui. En effet, il ne neige plus. Mais il y a un brouillard à décorner les bœufs, et un vent à couper au couteau (ou l’inverse, je ne sais plus).

Au départ, j’ai bon espoir : partant de 1400m dans le brouillard, j’ose penser que j’aurais droit à une mer de nuage depuis le mont Finiels, à 1700m. Mais durant la montée, les choses ne s’améliorent pas. Pour vous donner une idée, le chemin est jalonné de pierres dressées tous les 20-25m. Ben je ne peux en voir qu’une seule à la fois !


Arrivé au sommet, le vent est pire que jamais. Je tente de prendre le chemin prévu, qui consiste à redescendre légérement en suivant le gr70, puis emprunter un chemin de crêtes pour m’éloigner de la station. C’est donc pourquoi, 2h après mon départ, je me retrouve à mon point de départ. À peine démotivant. Je repars donc, mais ne monte pas au sommet. Je décide d’être sage et de redescendre dans la vallée de l’autre côté, pour récupérer le gr70 jusqu’à Florac…

Mais si la neige ne me dérange pas pendant la montée, c’est qu’elle a été soufflée. Et devinez où elle s’est déposée ? Sur le flanc sud. Les chemins sont donc totalement impraticables, avoir parfois plus d’un mètre de neige. Enfin, le problème est surtout que je ne les discernent pas…

Voilà le “chemin” que je suivrais pendant plusieurs kilomètres

Voilà le “chemin” que je suivrais pendant plusieurs kilomètres


Du coup, je re-rechange de programme, et décide de suivre la ligne d’arbre, qui doit normalement m’amener au même endroit que prévu selon les cartes qui sont stockées sur ma liseuse. Au bout de 2h de marches difficiles, le temps semble se lever.

Mais je ne sais pas où je suis. Et comble de la malchance, ma liseuse tombe à court de batterie alors qu’elle était à 90% le matin ! Sachant qu’habituellement son autonomie se comptent en semaine, ça me prend par suprise…

Pour résumer : je suis quelque part sur les crêtes du mont Lozère, sans réseau, sans carte, sans boussole (cruel manque ! je sais ce que je dois ajouter à ma liste) et sans visibilité. Mais j’ai toujours le vent et la neige avec moi…

À la faveur d’une trouée dans les nuages, je vois un chemin forestier plus bas. Je coupe par la forêt pour le rejoindre, et le suis vers ce que je pense être l’ouest. Après une heure de marche, un petit belvédère me permet d’avoir un point de vue :


Et là, au loin, je vois une route qui monte en lacet sur une sorte de plateau. C’est la route de Florac vers le causse Méjean ! Au moins, je sais où aller, à défaut de savoir où je suis.

Pour résumer la fin de la journée : plein est, sur les chemins quand il y en a, en mode sanglier dans la forêt quand il faut. Les 10 derniers kilomètres se font sur la route…

J’arrive à Florac à 18h, totalement crevé. Je prend une place dans un gîte : pas le choix, je dois recharger ma liseuse. Mais je dois avouer que je suis bien content d’avoir une excuse pour ne pas bivouaquer.

Jour quatre :
Le temps est au ciel bleu lors de mon départ. Je monte sur le causse via le chemin qui coupe la route. Arrivé en haut, le vent se lève, m’obligeant à mettre la doudoune. Je passe la journée à descendre le causse en direction de Meyrueis. Les paysages désolés me font irrésistiblement penser à Sardou : “Terre brûlée au vent — Des landes de pierres — […] — C’est pour les vivants — Un peu d’enfer”. Le vent amène pas mal de nuages, qui bouchent le ciel mais donnent une lumière interessante.

Entre causse et vallée

Entre causse et vallée

La désolation du causse

La désolation du causse



J’arrive à Meyrueis vers 16h30.



La descente finale est assez raide, mais je suis bien content de quitter le causse. C’est à voir, mais je me suis finalement quelque peu lasser, peut-être aidé par la fatigue que je ressens au niveau des mollets et des pieds.

Au village, je m’achète des fruits et je savoure une longue pose. Je repars pour trouver un coin de bivouac, mais les nuages ayant quittés le ciel et le chemin étant agréable, finalement j’avance plus que prévu, et je bivouaque à même le chemin, sur une petite plate-forme herbeuse. Il fait beau, la météo prévoit un temps identique pour les jours suivants : je décide de me passer de
ma tarp. C’est ma première nuit à la belle étoile, et j’aime vraiment, même si la lune presque pleine me donne l’impression qu’un projecteur est resté allumé pas loin. Elle se couche vers 23h, et quand je me réveille vers 5h je peux admirer un magnifique ciel étoilé. Je me rendors…


Jour cinq :
Je me réveille vers 7h et pars une demie-heure après. Je termine l’ascension du mont Aigoual, durant laquelle je traverse une petite station de ski. Je dois marcher sur quelques plaques de neiges, avec parfois une épaisseur conséquente due au damage des pistes. À certains endroits, je marche sur près de 50cm, alors que 1m à côté je vois le sol presque sec…

Après le mont Aigoual, je continue sur les crêtes. Le chemin est globalement très sympathique, et ménage de beaux points de vue. Par contre, je m’inquiète du retard que m’a fait prendre le mauvais temps sur mon planning initial, donc je fais encore une grosse journée. Je bivouaque une nouvelle fois à la belle étoile au bord du chemin pas très loin du col de cabane vieille, et savoure une magnifique vue sur les Cévennes.




Terre de résistance

Terre de résistance




Jour six :
Dernier jour. Une grosse étape m’attend, et le dernier train que je peux prendre pars d’Alès à 16h42. Je plie donc le camp avant 7h, et marche d’un bon pas toute la journée. J’arrive à Saint-Jean du Gard à 10h pile, et je prend la seule pause de la journée. Le chemin est encore très agréable (en même temps, je suis tellement content de retrouver le soleil que je ne suis pas forcément difficile), mais très cassant : il n’est jamais plat, mais surtout, très, très calliouteux. Mes genoux rejoignent mes pieds dans le club des plaignants.

J’arrive à Montcalmà 14h45. Un panneau me donne 4km pour Alès. Finalement, je suis large, mais je continue quand même à aller vite. Après une demi-heure de descente en courant quand le chemin (qui n’est pas toujours évident, de grosses pierres formant des marches), un panneau m’indique 3km restant… Je suis assez surpris, moi qui pensais avoir avalé une grosse moitié du chemin restant. Bon, je suis toujours large… Donc pour faire bonne mesure, je me perd encore une fois. Du coup, j’arrive à la gare 5min avant le départ du train. 2h pour faire “quatre” kilomètres, le tout en courant : bel exploit !


Le pire, c’est qu’il n’y a pas besoin de cairn…

Le pire, c’est qu’il n’y a pas besoin de cairn…

Vue sur Alès depuis Montcalm

Vue sur Alès depuis Montcalm

Commentaires généraux :
– étape 1&2 : pas tellement intéressantes, mais je m’y attendais. Cependant, mon jugement est à nuancer, du fait que j’ai rien vu à cause du brouillard et que j’ai eu un sale temps.
– étape 3 : grosse déception. J’attendais avec impatience le mont Lozère, mais je n’en aurais rien vu. Faudra que je repasse…
– étape 4 : je ne suis pas plus conquis que ça par le causse. C’est sympa et c’est à voir si on passe dans la région (donc je ne regrette pas d’y être passé), mais une journée dessus m’a suffit.
– étape 5&6 : depuis le temps que je voulais découvrir les Cévennes… Je suis ravi. J’aime beaucoup l’ambiance, et le fait de ne croiser que très peu de personne chaque jour m’a permis d’en profiter au mieux. Je pense que la saison était bien choisie (il ne faisait pas trop chaud malgré un soleil tapant et c’était désert), mais peut-être qu’un mois après c’est mieux, pour profiter un maximum des couleurs du printemps (plutôt que de celles de l’automne délavé par l’hiver). J’ai croisé quelques mémoriaux de la résistance, et je comprend pourquoi il y avait des maquis : c’est assez sauvage, et mêmes les hameaux semblent isolés de tout. D’ailleurs, j’ai adoré les maisons typiques de la région (mais je n’ai pas pris de photo, je suis bête).

Tour du Pain de Sucre (Queyras)

Grâce à une proposition bienvenue de Benoit, j’ai pu partir 3 jours dans le Queyras. Pour une fois je n’étais pas seul, ce qui a provoqué quelques changements (j’ai découvert le bonheur de manger chaud le soir au bivouac), et j’ai pu découvrir une région
magnifique pendant cet rando de 3 jours.

N’ayant pas le même rythme de marche, nous ne sommes pas restés ensembles pendant la seconde journée et le début de la troisième, je vais donc faire un CR concernant mon parcours (qui est le tour du pain de sucre classique avec des sommets en plus).

Jour 1

Comme d’habitude quand je pars en rando, le départ se fait tôt et en train. À 9h30 je retrouve Benoit à la gare de Grenoble, et nous embarquons dans sa voiture en direction du Queyras. Environ 4h de route (ça ne roulait pas très bien) et quelques beaux points de vue (la Meije vu du col du Lautaret…) plus tard, noius voilà arrivés au petit hameau de l’Echalp (1687m), dans la vallée du haut-guil. De là, nous partons par le GR58B vers le col Lacroix. Durant la montée nous pouvons apprécier le paysage du Queyras, qui a déjà un air bien méditerranéen.


J’aime beaucoup cette ambiance, même si c’est un peu sec…

J’aime beaucoup cette ambiance, même si c’est un peu sec…

Arrivé au col Lacroix (2299m), un vent fou furieux nous empêche de profiter de la vue, et nous commençons rapidement la descente sur le versant italien.

Le col Lacroix vu depuis le côté italien.

Le col Lacroix vu depuis le côté italien.

La vallée italienne (je ne connais pas son nom). Tout au fond, le col Sellière que nous franchirons demain.

La vallée italienne (je ne connais pas son nom). Tout au fond, le col Sellière que nous franchirons demain.

Arrivés en bas, nous remontons en direction du refuge Graneiro. Nous poserons le bivouac un peu au dessus, vers 2400m.

Sympa comme vue, non ?

Sympa comme vue, non ?

Tente VS. tarp…

Tente VS. tarp…

Le mont Graneiro embrasé par le soleil couchant.

Le mont Graneiro embrasé par le soleil couchant.

Ce soir, je découvre avec émerveillement le bien que peut faire une bonne platrée de pâte avec de la charcuterie. Me reste plus qu’à faire un P3RS… Nous nous posons sur un rocher et discutons jusqu’à ce que le nuit tombe totalement. La lune n’est pas tout à fait pleine, mais elle éclaire si fort que nous avons l’impression qu’un projecteur est allumé derrière nous. Heureusement, elle ne nous empêche pas de profiter des splendeurs du ciel nocturne…

Jour 2

Le soleil levant sur les arrêtes du Queyras.

Le soleil levant sur les arrêtes du Queyras.

Cette nuit il a fait froid, des traces de gel nocturne nous le confirment. Heureusement, très peu de condensation, donc le camp est rapidement plié.
Aujourd’hui nous allons marcher séparés, car j’ai prévu d’aller taquiner du 3000 alors que Benoit préfère rester sur le GR. Je pars donc un peu avant lui et atteint epu après 8h le col Sellière (2834m). Pour la première fois je peux voir le Viso, qui surplombe de toute sa hauteur la vallée du refuge du Viso.

Le Viso qui surplombe le col de Valante (dans l’ombre).

Le Viso qui surplombe le col de Valante (dans l’ombre).

Les crêtes de la Taillante vues du côté “accessible”.

Les crêtes de la Taillante vues du côté “accessible”.

Je redescend rapidement vers le refuge du Viso (2460m). De là, j’avais prévu de monter vers le col du couloir de porc (oui, c’est bien son nom…), à 2918m, pour essayer de partir sur les crêtes afin d’atteindre un 3000, mais la gardienne m’assure qu’il faut un matériel spécifique. N’ayant pas envie d’arriver trop tôt, je décide de suivre mon programme initial et d’aviser en cours de route.

Le magnifique lac Porcierolles, avec le Viso en arrière plan.

Le magnifique lac Porcierolles, avec le Viso en arrière plan.

La beauté des lacs de montagne…

La beauté des lacs de montagne…

La montée vers le col est assez difficile, car raide et dans des éboulis peu stables.

La pointe Joanne, vue depuis les éboulis qui mènent au col.

La pointe Joanne, vue depuis les éboulis qui mènent au col.

Depuis le col, je vois que le sommet au sud est probablement accessible si on met les mains. Je laisse donc sac et bâton et attaque donc la montée vers la pointe d’Udine (3020m). C’est un vrai délice pour moi qui adore les passages un peu aérien…

Le lac Porcierolles et les crêtes de la Taillante depuis la pointe.

Le lac Porcierolles et les crêtes de la Taillante depuis la pointe.

Le panorama sur la plaine du Pô.

Le panorama sur la plaine du Pô.

Le Viso

Le Viso

Je redescend vers le col et décide de tenter l’ascension de la pointe Venise. J’attaque donc la montée en suivant la crête. J’ai pas choisi le chemin le moins impressionnant: à parfois moins d’un mètre sur ma droite se trouve un précipice de plus de 200m… Malheureusement, la pointe est inaccessible, je dois m’arrêter au bivouac éponyme, à 3080m).

Ensuite je descend en partie en hors-sentier pour rattraper le GR un peu avant le lac Lestio.

Le Viso, le col de Valante et le lac Lestio (caché par l’ancienne moraine).

Le Viso, le col de Valante et le lac Lestio (caché par l’ancienne moraine).

Ensuite il faut remonter le col de Valante (2815m), où un bouquetin peu farouche m’attend.

Le bouquetin devant la vallée.

Le bouquetin devant la vallée.

De là, le GR continue à flanc de montagne pour rejoindre le passo de la Losetta.

Vue sur la vallée du refuge de Valante.

Vue sur la vallée du refuge de Valante.

Le Viso depuis le col.

Le Viso depuis le col.

Depuis ce col, je monte en un quart d’heure vers la pointe Joanne. J’ai de la chance, normalement à cette heure-ci la nebbia bouché le ciel italien, mais pas aujourd’hui.

Le lac lestio. Au dessus, le col du couloir du porc, encadré par les pointes de Venise et d’Udine où j’étais le matin. Au loin, aussi ténu qu’un nuage, le massif du mont Rose.

Le lac lestio. Au dessus, le col du couloir du porc, encadré par les pointes de Venise et d’Udine où j’étais le matin. Au loin, aussi ténu qu’un nuage, le massif du mont Rose.

Le Viso.

Le Viso.

Je redescend et retrouve Benoit, arrivé 20 minutes avant moi, aux granges de Bernard (2200m). Nous bivouaquerons non loin de là, au bord du chemin. Pendant le repas, nous pourrons observer un chevreuil qui se balade sur la rive opposée.

Jour 3

Aujourd’hui, il est prévu des orages, c’est pourquoi nous comptons arriver à la voiture assez tôt. Comme je compte faire un sommet de plus que Benoit, je pars un peu plus tôt. Tout d’abord, direction le col Agnel.

Le pain de Sucre, vu depuis sous le col.

Le pain de Sucre, vu depuis sous le col.

Finalement, je pars en hors-sentier pour rattraper la crête qui court entre le col et le pain de sucre (3208m).

Du côté français, les nuages se rapprochent alors que du côté italien, la nebbia fait son apparition.

Du côté français, les nuages se rapprochent alors que du côté italien, la nebbia fait son apparition.

Au vu des mauvais nuages qui arrivent, je decide d’écourter ma journée et de ne pas monter au pic de Fozéant. Je redescend donc rapidement vers le col vieux, et suis ensuite le GR. Je rattrape Benoit vers le lac Foréant, et on descend ensemble vers la voiture.

Le chemin très agréable.

Le chemin très agréable.

Et après 3h30 de route agrémentés d’une bière au col du Lautaret, il me dépose à la gare 3 minutes avant le départ de mon train : juste le temps de prendre mon billet!

En bref : merci Benoit pour cette magnifique rando!

Tour des Dents Blanches et des Fiz

Me voilà de retour d’une superbe rando dans un massif peu couru comparativement à son voisin du Mont Blanc. C’est une région que je connais bien, mais je n’avais pas fait toutes ces randos parfois un peu engagées, donc j’y suis retourné pour ça… Et j’en profite pour vous faire découvrir cette magnifique région ! (Comment ça, je suis chauvin ?)

Pour situer un peu, le massif du Giffre se situe juste au nord de celui du Mont Blanc et s’étend jusqu’à Morzine et en Suisse, où il côtoie le Valais. Une assez grande partie est en réserve naturelle (celle des Aiguilles Rouges au sud, celle de Sixt-Passy au milieu), ce qui fait que les paysages sont assez bien préservés. Le coin est assez connu des amateurs d’animaux (et de photographie), vu que ça a été un secteur de réintroduction du bouquetin (il y a 30 ans…) et maintenant du gypaète barbu (un couple a son nid au dessus de Sixt et vient d’avoir un petit), qu’il y a plusieurs couples d’aigles, pas mal d’animaux… Au niveau de l’altitude, ça monte allègrement à plus de 3000 mètres, les chemins vont de la grande voie familiale aux passages de contrebandiers (j’en passerai plusieurs, assez exposés). Bref, de quoi donner envie d’y aller, non?

Jour 1 : Samoëns → Barme (début du tour des Dents Blanches, noté TDB)

Départ de chez moi peu avant 6h pour aller à la gare, et déjà la nature m’appelle :

Visiteur du matin.

Visiteur du matin.

3h de train, puis du stop (par chance, je ne dois attendre que 5 minutes avant que des Lyonnais qui vont se balader à Sixt m’embarquent). Une fois à Samoëns, je marche quelques temps le long du Clévieux, sur le gr5, pour rejoindre le départ du sentier vers le refuge du Folly. La sortie de sous les bois juste sous le refuge me propose un premier panorama :

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figcaption>Dès qu’on sort des arbres, le paysage est magnifique. Au fond, les derniers
{<2>}![Dès qu’on sort des arbres, le paysage est magnifique. Au fond, les derniers(http://www.randonner-leger.org/forum/uploads/6728_p1060190.jpg)

Ensuite commence les choses sérieuses. Je ne croiserais plus personne jusqu’à ma redescente en Suisse… La montée vers le col du pas au taureau se fait dans les Lapiaz, il faut mettre les mains :

Le chemin se perd dans les lapiaz.

Le chemin se perd dans les lapiaz.

Lorsque j’arrive au col (2550m), les nuages ne sont pas loin, mais je vois en contrebas le refuge de la Vogealle, vers lequel je passerai le surlendemain :

Le lac, 500m plus bas.

Le lac, 500m plus bas.

Bien benoîtement, je me dis que le pas au taureau n’était pas si délicat que ça… Mais en fait il m’attend lors de la descente

Premier passage délicat… Mais pas le dernier !

Premier passage délicat… Mais pas le dernier !

Je me dirige donc via des passages quelques peu délicats (rien de bien méchant non plus, hein) vers le col de Bostan, d’où je continue de descendre et passe en Suisse. Je dois passer par le pas de la Bide, pas difficile mais… étroit :

Heureusement que mon sac n’est pas gros.

Heureusement que mon sac n’est pas gros.

Ces pas sont assez aériens, et étaient utilisés par les contrebandiers qui passaient du tabac en France. Les deux jours suivant j’en franchirai encore deux, dont un très aériens…

Bref, après le pas de la Bide j’arrive en vue de la Suisse, et ça se sent : les alpages sont dignes des pub Milka, il ne manque plus que les vaches soient violettes ! Tout est bien rangé, les chemins sont sans mauvaise herbe…

Décor de carte postale.

Décor de carte postale.

Lorsque j’arrive à Barme, un panneau indique aux visiteurs les circuits proposés : “circuit des lacs d’Antème : 2h49”. Oui, c’est précis à la minute… Ah, ces Suisses… !

Par contre, la suite me fait moins rire : tout est si bien organisé qu’il m’est impossible de trouver une place pour bivouaquer. Tout appartient à quelqu’un, il y a des barbelés de partout… Je me rabats au bord de la rivière, mais ma tarp sera toute trempée par la condensation le lendemain matin… :/ Mais au moins, j’ai une belle vue :

Le soleil couchant sur les Dents Blanches.

Le soleil couchant sur les Dents Blanches.

Jour 2 : Barme → Susanfe (suite du TDB, avec incursion dans les Dents du midi)

Aujourd’hui, un beau sommet m’attend : la Haute Cime des Dents du midi, qui culmine à 3257m. Mais avant ça, je pars de Barme en direction de Susanfe. Je dois passer par le pas d’Encel (désolé pour la mauvaise photo, mais avec le soleil à contre-jour ce n’était pas facile…) :

Le pas d’Encel, au dessus d’une gorge profonde…

Le pas d’Encel, au dessus d’une gorge profonde…

Quelques passages chaînés et une croix posées en 2005 pour indiquer qu’il y a eu un mort ici sont les seules (petites) difficultés.

Une fois dans le vallon de Susanfe, je peux voir le côtés suisse des Dents Blanches :

Un côté que j’ai moins souvent vu…

Un côté que j’ai moins souvent vu…

Mais aussi mon objectif de la journée, la Haute Cime :

C’est (de loin) le sommet le plus haut visible.

C’est (de loin) le sommet le plus haut visible.

Je dépasse la cabane de Susanfe et monte vers le col éponyme, d’où la vue sur le vallon de Susanfe est superbe :

Le vallon de Susanfe sous le soleil de midi.

Le vallon de Susanfe sous le soleil de midi.

De là, la montée sera raide… Très raide…

Ça monte, ça monte…

Ça monte, ça monte…

Je serais bien allé piquer une petite tête moi…

Je serais bien allé piquer une petite tête moi…

Au sommet, la vue est splendide : on surplombe la vallée du rhône de près de 3000m et on peut admirer la chaîne du Mont Blanc…

Le Rhône est loin en bas.

Le Rhône est loin en bas.

Et le Mont Blanc est loin au sud.

Et le Mont Blanc est loin au sud.

Puis je redescend en contrebas de la cabane de Susanfe, où je pose mon bivouac pour la nuit. Même s’il est assez tôt (16h), je n’ai pas trop le choix : plus loin sur le chemin je ne pourrais pas bivouaquer, paysage minéral et glaciers obligent…

Jour 3 : Susanfe → les Crépines (fin du TDB et traversée en balcon de Sixt)

Aujourd’hui une longue journée m’attend. Mais dès le réveil, je peux déjà admirer le paysage :

C’est beau, hein ?

C’est beau, hein ?

Plus loin, je dois passer le fameux passage des ottans. Il est très aérien et long, le but est donc d’arriver assez tôt pour ne pas être bloquer par des randonneurs allant dans l’autre sens.

L’arrivée sous les Ottans.

L’arrivée sous les Ottans.

En fait, c’est plus une via ferrata qu’un chemin de rando :

Une fois n’est pas coutume, je mettrais les bâtons sur le sac.

Une fois n’est pas coutume, je mettrais les bâtons sur le sac.

Je préfère monter que descendre.

Je préfère monter que descendre.

Pareil qu’hier, vaut mieux pas avoir un sac trop gros.

Pareil qu’hier, vaut mieux pas avoir un sac trop gros.

Mais une fois au sommet de la tête des Ottans, une surprise m’attend. En effet, alors que je commence à descendre plein bourre, au détour du premier virage…

Ce sont 4 bouquetins assez jeunes (il y en a un qu’on ne voit pas).

Ce sont 4 bouquetins assez jeunes (il y en a un qu’on ne voit pas).

Et un peu plus loin ce sont deux bouquetins plus âgés qui se tiennent sur le chemin :

De sacrés cornes…

De sacrés cornes…

Le plus marrant, c’est que 2 minutes auparavant je discutais avec un couple (qui faisait un A/R depuis Susanfe) qui me disait qu’ils regrettaient de ne voir que peu d’animaux…

Après avoir bien mitraillés les bouquetins, je continue la longue descente vers le fer à cheval, 1500m plus bas. De beaux points de vue sur Sixt se dégagent :

La belle réserve de Sixt.

La belle réserve de Sixt.

Arrivé en bas, je suis dans un coin hyper-touristique. Le fer à cheval est le second plus grand cirque glaciaire de France, et se prolonge d’un côté par le fond de la combe (surnommé le bout du monde, ce qui fait dire aux habitants de la vallée que Sixt est “le trou du cul du monde”…) :

Ce n’est pas pour rien que ce site est touristique…

Ce n’est pas pour rien que ce site est touristique…

Mais rapidement je quitte ce secteur pour remonter sur la montagne d’en face. Le chemin est encore long : je monte aux alpages de Commune, puis redescend vers la toute petite station de Sixt (traversée en 10 minutes), puis remonte vers le refuge du Grenairon, puis redescend vers les chalets des Crépines, où je plante le bivouac. Malheureusement les nuages m’empêchent d’admirer le
panorama…

Jour 4 : les Crépines → Sales (tour des Fiz)

Au petit matin, le soleil embrase la forteresse des Fiz :

Impossible de faire l’ascension des Fiz de ce côté…

Impossible de faire l’ascension des Fiz de ce côté…

Je descend vers les Fonts, où se trouve un autre cirque glaciaire assez beau :

Le cirque des Fonts, plus confidentiel que celui du Fer à cheval.

Le cirque des Fonts, plus confidentiel que celui du Fer à cheval.

De là, je remonte (et ça monte !) vers le lac d’Anterne :

Les contreforts de la chartreuse

Les contreforts de la chartreuse

Les contreforts du Buet.

Les Fiz se cachent un peu.

Les Fiz se cachent un peu.

Le coin pullule de marmottes.

Le coin pullule de marmottes.

Le lac, avec le col en arrière plan.

Le lac, avec le col en arrière plan.

Ensuite j’atteins le col d’Anterne, où il y a un magnifique panorama sur le Mont Blanc. Enfin, assez souvent…

Moi, j’ai le brouillard, na !

Moi, j’ai le brouillard, na !

Je redescend vers Ayères. Le chemin est bien indiqué…

Le cairn de Gizeh.

Le cairn de Gizeh.

Par contre, d’ici je vois bien le Mont Blanc…

Par contre, d’ici je vois bien le Mont Blanc…

Et enfin, je me dirige vers Sales par le dernier passage critique de ma rando (et pas le moindre) : le dérochoir. Le début de la montée est soutenu, avant que l’on passe dans un pierrier où il faut mettre les mains. Et tout d’un coup, le chemin s’arrête, et on repasse en mode via ferrata :

Le chemin ? C’est tout droit.

Le chemin ? C’est tout droit.

Le désert de Platé, plus grand désert calcaire d’Europe (rien que ça).

Le désert de Platé, plus grand désert calcaire d’Europe (rien que ça).

Au milieu, le vallon de Sales.

Au milieu, le vallon de Sales.

Et à droite, les Fiz vues de leur côté accessible.

Et à droite, les Fiz vues de leur côté accessible.

Moins de 40 minutes plus tard, me voilà au refuge. Il est assez tôt, mais je m’arrête là car je connais le gardien et les gens qui y travaillent. Je dormirais d’ailleurs pas très loin du refuge.

Belle vue sur les lapiaz (et les marmottes au petit matin).

Belle vue sur les lapiaz (et les marmottes au petit matin).

Jour 5 : retour à Samoëns.

Journée “de transition”, pas exceptionnelle même si le début est sympa.

Encore lui !

Encore lui !

De Sales, je vais vers Gers, d’où je descend à Samoëns. Le secteur est assez connu des skieurs car il y a du hors-piste sympa à y faire (notamment dans la combe de Gers).

Je suis sur la piste des Cascades, plus longue piste de ski de France avec ses 14km de descente sans voir une seule remontée mécanique…

Je suis sur la piste des Cascades, plus longue piste de ski de France avec ses 14km de descente sans voir une seule remontée mécanique…

De Samoëns, je dois faire du stop pour descendre à Cluses. Mais à 11h, peu de voitures vont dans ce sens, je devrais donc faire le trajet en deux fois grâce à la sympathie d’un habitant du coin qui se détourne de sa route pour m’amener à un endroit plus propice au stop.

Bref, très belle rando que je conseille à tout ceux qui veulent découvrir la Haute-Savoie autrement que par le TMB. Quelques passages exposés la pimentent un peu, mais il n’y a rien de très difficile si on est attentif. Par contre, le dérochoir et les Ottans sont quasiment infranchissables en cas de mauvais temps (enfin, ça se fait, mais à vos risques et périls). Les gens y sont très sympas, il ne s’est pas passé une journée sans que je tape la discut’ à plusieurs personnes rencontrés au bord des chemin (notamment une mythique discssion sur le chemin de St Jacques avec un randonneur croisé au milieu du Dérochoir).

Autour du Thabor

Après la Chartreuse, j’avais envie d’une sortie un peu plus physique. Le massif du Thabor et ses nombreux 3000 accessibles était donc une destination toute désignée!
Je suis donc parti mardi dernier pour trois jours, pour un parcours des plus sympathiques mais assez fatiguant, notamment à cause du fort dénivelé (pour moi, 4000m en trois jours c’est pas mal), de la chaleur (même en altitude il a fait chaud) mais aussi des nombreux pierriers et du hors-sentier. Bref, je suis ravi de cette sortie, qui m’a permis de taquiner pour la première fois du 3000: un sommet par jour (mont Thabor, pointe de terre rouge et pointe des sarrasins, les deux premiers étant de plus de 3000m), de magnifiques paysages, pas trop de monde…

Départ à 9h30 de Modane après un trajet en train assez long. Je quitte la ville rapidement, passe sous l’autoroute dont le bruit m’accompagnera pendant une bonne heure durant la montée agréable mais soutenue dans la forêt. Je dépasse Valfréjus, qui est sur l’autre rive, et continu à monter. Au niveau du lavoir, un blokhaus vient me rappeler que la guerre se fait même à plus de 2000m d’altitude. Après la lavoir commence la montée vers le col de la vallée étroite, que j’atteindrais vers 13h.

Le Thabor dans sa robe de marié. Faudra attendre le milieu de l’après-midi pour que le voile se déchire.

Le Thabor dans sa robe de marié. Faudra attendre le milieu de l’après-midi pour que le voile se déchire.

Vue sur la vallée étroite depuis le col éponyme.

Vue sur la vallée étroite depuis le col éponyme.

Ensuite j’attaque la longue montée vers le Thabor. Arrivé à mi-chemin, je croiserais plein de gens qui redescendent alors que jusque là j’étais plutôt tranquille. Le temps jusque là incertain s’améliore, et je commence enfin à discerner l’objectif de la journée.

“Le Thabor? Meuuh oui, c’est par là!”

“Le Thabor? Meuuh oui, c’est par là!”

De beaux paysages…

De beaux paysages…

La chapelle me semble bien loin…

La chapelle me semble bien loin…

Une fois arrivé au Thabor, la vue est magnifique :

Vers le sud…

Vers le sud…

La vallée que j’emprunterais le lendemain.

La vallée que j’emprunterais le lendemain.


Les couleurs du soleil couchant…

Les couleurs du soleil couchant…

Mon palace pour la nuit. Dans la chapelle se trouvent quelques matelas mousse qui rendront ma nuit confortable, étant donné que j’ai eu la chance d’être seul.

Mon palace pour la nuit. Dans la chapelle se trouvent quelques matelas mousse qui rendront ma nuit confortable, étant donné que j’ai eu la chance d’être seul.

Le lendemain, je commence en descendant via le col de la chapelle vers le lac source. Trsè vite, je me retrouve en hors-sentier, le sentier étant mal balisé et se cachant sous les névés encore assez nombreux ici. Puis je monte sur la magnifique pointe de terre rouge, qui est mon coup de cœur de la rando. C’est du hors sentier, mais parfois il me semble découvrir une trace vaguement cairné que je perd très rapidement. Du coup, je monte “dré dans l’pentu”, ce qui est assez éprouvant… Mais les paysages rencontrés en valent bien la peine!

Tout droit jusque sur la crête!

Tout droit jusque sur la crête!

La dernière montée vers la pointe de terre rouge. Celle-ci est tout en paradoxe: elle porte bien son nom, car tout est rouge, mais elle porte mal son nom, car aucune trace de terre, rien que de la pierre…

La dernière montée vers la pointe de terre rouge. Celle-ci est tout en paradoxe: elle porte bien son nom, car tout est rouge, mais elle porte mal son nom, car aucune trace de terre, rien que de la pierre…

Le paysage laisse sans voix (enfin, façon de parler, vu que je profite du sommet pour appeler mes parents et les rassurer sur mon sort :D). Je redescend par la combe tout en pierrier qu’on voit au premier plan de la photo… pas toujours facile.

Le paysage laisse sans voix (enfin, façon de parler, vu que je profite du sommet pour appeler mes parents et les rassurer sur mon sort :D). Je redescend par la combe tout en pierrier qu’on voit au premier plan de la photo… pas toujours facile.

Des traces…

Des traces…

Et ceux qui les ont faites.

Et ceux qui les ont faites.

Arrivé dans la vallée, je suis surpris par la contraste. Je quitte un paysage tout minéral pour du tout végétal. Les ruisseau sont absolument partout.

Arrivé dans la vallée, je suis surpris par la contraste. Je quitte un paysage tout minéral pour du tout végétal. Les ruisseau sont absolument partout.

Puis commence la longue montée vers le col des marches…

Le col des marches.

Le col des marches.

La vue en arrière depuis le col, avec le lac des roches et derrière le vallon d’où je viens.

La vue en arrière depuis le col, avec le lac des roches et derrière le vallon d’où je viens.

La descente vers le lac de Bissorte et le refuge des marches.

La descente vers le lac de Bissorte et le refuge des marches.

La descente n’est pas de tout repos: perdu dans mes pensée, je me perd aussi dans la montagne et termine en hors-sentier dans les pierriers!
C’est perclus de fatigue que j’arrive au refuge, à proximité duquel je bivouaque. Je profite de mon arrivée assez précoce pour faire trempette dans le torrent (j’en ai encore froid rien que d’y penser!).

Un peu au dessus de mon bivouac.

Un peu au dessus de mon bivouac.


Le lendemain, temps absolument magnifique (pas un seul nuage en vue!). Je monte vers le col des sarrasins par un chemin très agréable:


Puis, après une redescente d’environ 200m, je remonte vers la pointe des Sarrasins. Si le début est sur un sentier (celui qui va vers les anciennes mines), la fin se fait sur la crête, en hors-sentier (même si ici encore je crois discerner une trace qui monte). la vue du sommet est magique:

Le sommet est en deux pointes.

Le sommet est en deux pointes.

La vue… que dire de plus? (au premier plan, le col des Sarrasins).

La vue… que dire de plus? (au premier plan, le col des Sarrasins).

Enfin je redescend dans un vallon plaisant et récupère le chemin de l’avant-veille pour arriver à Modane vers 13h30 (je marche très vite en descente, d’après le guardien du refuge il m’aurait fallut deux heures de plus et d’après les panneaux au moins 3h de plus…).

Bref, très beau parcours que je recommande chaudement!

De Chambéry à Grenoble par la Chartreuse

Me voilà de retour d’une superbe rando dans un massif peu couru comparativement à son voisin du Mont Blanc. C’est une région que je connais bien, mais je n’avais pas fait toutes ces randos parfois un peu engagées, donc j’y suis retourné pour ça… Et j’en profite pour vous faire découvrir cette magnifique région ! (Comment ça, je suis chauvin ?)

Pour situer un peu, le massif du Giffre se situe juste au nord de celui du Mont Blanc et s’étend jusqu’à Morzine et en Suisse, où il côtoie le Valais. Une assez grande partie est en réserve naturelle (celle des Aiguilles Rouges au sud, celle de Sixt-Passy au milieu), ce qui fait que les paysages sont assez bien préservés. Le coin est assez connu des amateurs d’animaux (et de photographie), vu que ça a été un secteur de réintroduction du bouquetin (il y a 30 ans…) et maintenant du gypaète barbu (un couple a son nid au dessus de Sixt et vient d’avoir un petit), qu’il y a plusieurs couples d’aigles, pas mal d’animaux… Au niveau de l’altitude, ça monte allègrement à plus de 3000 mètres, les chemins vont de la grande voie familiale aux passages de contrebandiers (j’en passerai plusieurs, assez exposés). Bref, de quoi donner envie d’y aller, non?

Jour 1 : Samoëns → Barme (début du tour des Dents Blanches, noté TDB)

Départ de chez moi peu avant 6h pour aller à la gare, et déjà la nature m’appelle :

Visiteur du matin.

3h de train, puis du stop (par chance, je ne dois attendre que 5 minutes avant que des Lyonnais qui vont se balader à Sixt m’embarquent). Une fois à Samoëns, je marche quelques temps le long du Clévieux, sur le gr5, pour rejoindre le départ du sentier vers le refuge du Folly. La sortie de sous les bois juste sous le refuge me propose un premier panorama :

Dès qu’on sort des arbres, le paysage est magnifique. Au fond, les derniers
chaînons des Dents Blanches.

Ensuite commence les choses sérieuses. Je ne croiserais plus personne jusqu’à ma redescente en Suisse… La montée vers le col du pas au taureau se fait dans les Lapiaz, il faut mettre les mains :

Le chemin se perd dans les lapiaz.

Lorsque j’arrive au col (2550m), les nuages ne sont pas loin, mais je vois en contrebas le refuge de la Vogealle, vers lequel je passerai le surlendemain :

Le lac, 500m plus bas.

Bien benoîtement, je me dis que le pas au taureau n’était pas si délicat que ça… Mais en fait il m’attend lors de la descente

Premier passage délicat… Mais pas le dernier !

Je me dirige donc via des passages quelques peu délicats (rien de bien méchant non plus, hein) vers le col de Bostan, d’où je continue de descendre et passe en Suisse. Je dois passer par le pas de la Bide, pas difficile mais… étroit :

Heureusement que mon sac n’est pas gros.

Ces pas sont assez aériens, et étaient utilisés par les contrebandiers qui passaient du tabac en France. Les deux jours suivant j’en franchirai encore deux, dont un très aériens…

Bref, après le pas de la Bide j’arrive en vue de la Suisse, et ça se sent : les alpages sont dignes des pub Milka, il ne manque plus que les vaches soient violettes ! Tout est bien rangé, les chemins sont sans mauvaise herbe…

Décor de carte postale.

Lorsque j’arrive à Barme, un panneau indique aux visiteurs les circuits proposés : “circuit des lacs d’Antème : 2h49”. Oui, c’est précis à la minute… Ah, ces Suisses… !

Par contre, la suite me fait moins rire : tout est si bien organisé qu’il m’est impossible de trouver une place pour bivouaquer. Tout appartient à quelqu’un, il y a des barbelés de partout… Je me rabats au bord de la rivière, mais ma tarp sera toute trempée par la condensation le lendemain matin… :/ Mais au moins, j’ai une belle vue :

Le soleil couchant sur les Dents Blanches.

Jour 2 : Barme → Susanfe (suite du TDB, avec incursion dans les Dents du midi)

Aujourd’hui, un beau sommet m’attend : la Haute Cime des Dents du midi, qui culmine à 3257m. Mais avant ça, je pars de Barme en direction de Susanfe. Je dois passer par le pas d’Encel (désolé pour la mauvaise photo, mais avec le soleil à contre-jour ce n’était pas facile…) :

Le pas d’Encel, au dessus d’une gorge profonde…

Quelques passages chaînés et une croix posées en 2005 pour indiquer qu’il y a eu un mort ici sont les seules (petites) difficultés.

Une fois dans le vallon de Susanfe, je peux voir le côtés suisse des Dents Blanches :

Un côté que j’ai moins souvent vu…

Mais aussi mon objectif de la journée, la Haute Cime :

C’est (de loin) le sommet le plus haut visible.

Je dépasse la cabane de Susanfe et monte vers le col éponyme, d’où la vue sur le vallon de Susanfe est superbe :

Le vallon de Susanfe sous le soleil de midi.

De là, la montée sera raide… Très raide…

Ça monte, ça monte…

Je serais bien allé piquer une petite tête moi…

Au sommet, la vue est splendide : on surplombe la vallée du rhône de près de 3000m et on peut admirer la chaîne du Mont Blanc…

Le Rhône est loin en bas.

Et le Mont Blanc est loin au sud.

Puis je redescend en contrebas de la cabane de Susanfe, où je pose mon bivouac pour la nuit. Même s’il est assez tôt (16h), je n’ai pas trop le choix : plus loin sur le chemin je ne pourrais pas bivouaquer, paysage minéral et glaciers obligent…

Jour 3 : Susanfe → les Crépines (fin du TDB et traversée en balcon de Sixt)

Aujourd’hui une longue journée m’attend. Mais dès le réveil, je peux déjà admirer le paysage :

C’est beau, hein ?

Plus loin, je dois passer le fameux passage des ottans. Il est très aérien et long, le but est donc d’arriver assez tôt pour ne pas être bloquer par des randonneurs allant dans l’autre sens.

L’arrivée sous les Ottans.

En fait, c’est plus une via ferrata qu’un chemin de rando :

Une fois n’est pas coutume, je mettrais les bâtons sur le sac.

Je préfère monter que descendre.

Pareil qu’hier, vaut mieux pas avoir un sac trop gros.

Mais une fois au sommet de la tête des Ottans, une surprise m’attend. En effet, alors que je commence à descendre plein bourre, au détour du premier virage…

Ce sont 4 bouquetins assez jeunes (il y en a un qu’on ne voit pas).

Et un peu plus loin ce sont deux bouquetins plus âgés qui se tiennent sur le chemin :


De sacrés cornes…

Le plus marrant, c’est que 2 minutes auparavant je discutais avec un couple (qui faisait un A/R depuis Susanfe) qui me disait qu’ils regrettaient de ne voir que peu d’animaux…

Après avoir bien mitraillés les bouquetins, je continue la longue descente vers le fer à cheval, 1500m plus bas. De beaux points de vue sur Sixt se dégagent :

La belle réserve de Sixt.

Arrivé en bas, je suis dans un coin hyper-touristique. Le fer à cheval est le second plus grand cirque glaciaire de France, et se prolonge d’un côté par le fond de la combe (surnommé le bout du monde, ce qui fait dire aux habitants de la vallée que Sixt est “le trou du cul du monde”…) :

Ce n’est pas pour rien que ce site est touristique…

Mais rapidement je quitte ce secteur pour remonter sur la montagne d’en face. Le chemin est encore long : je monte aux alpages de Commune, puis redescend vers la toute petite station de Sixt (traversée en 10 minutes), puis remonte vers le refuge du Grenairon, puis redescend vers les chalets des Crépines, où je plante le bivouac. Malheureusement les nuages m’empêchent d’admirer le
panorama…

Jour 4 : les Crépines → Sales (tour des Fiz)

Au petit matin, le soleil embrase la forteresse des Fiz :

Impossible de faire l’ascension des Fiz de ce côté…

Je descend vers les Fonts, où se trouve un autre cirque glaciaire assez beau :

Le cirque des Fonts, plus confidentiel que celui du Fer à cheval.

De là, je remonte (et ça monte !) vers le lac d’Anterne :

Les contreforts de la chartreuse

Les contreforts du Buet.

Les Fiz se cachent un peu.

Le coin pullule de marmottes.

Le lac, avec le col en arrière plan.

Ensuite j’atteins le col d’Anterne, où il y a un magnifique panorama sur le Mont Blanc. Enfin, assez souvent…

Moi, j’ai le brouillard, na !

Je redescend vers Ayères. Le chemin est bien indiqué…

Le cairn de Gizeh.

Par contre, d’ici je vois bien le Mont Blanc…

Et enfin, je me dirige vers Sales par le dernier passage critique de ma rando (et pas le moindre) : le dérochoir. Le début de la montée est soutenu, avant que l’on passe dans un pierrier où il faut mettre les mains. Et tout d’un coup, le chemin s’arrête, et on repasse en mode via ferrata :

Le chemin ? C’est tout droit.

Le désert de Platé, plus grand désert calcaire d’Europe (rien que ça).

Au milieu, le vallon de Sales.

Et à droite, les Fiz vues de leur côté accessible.

Moins de 40 minutes plus tard, me voilà au refuge. Il est assez tôt, mais je m’arrête là car je connais le gardien et les gens qui y travaillent. Je dormirais d’ailleurs pas très loin du refuge.

Belle vue sur les lapiaz (et les marmottes au petit matin).

Jour 5 : retour à Samoëns.

Journée “de transition”, pas exceptionnelle même si le début est sympa.

Encore lui !

De Sales, je vais vers Gers, d’où je descend à Samoëns. Le secteur est assez connu des skieurs car il y a du hors-piste sympa à y faire (notamment dans la combe de Gers).

Je suis sur la piste des Cascades, plus longue piste de ski de France avec ses 14km de descente sans voir une seule remontée mécanique…

De Samoëns, je dois faire du stop pour descendre à Cluses. Mais à 11h, peu de voitures vont dans ce sens, je devrais donc faire le trajet en deux fois grâce à la sympathie d’un habitant du coin qui se détourne de sa route pour m’amener à un endroit plus propice au stop.

Bref, très belle rando que je conseille à tout ceux qui veulent découvrir la Haute-Savoie autrement que par le TMB. Quelques passages exposés la pimentent un peu, mais il n’y a rien de très difficile si on est attentif. Par contre, le dérochoir et les Ottans sont quasiment infranchissables en cas de mauvais temps (enfin, ça se fait, mais à vos risques et périls). Les gens y sont très sympas, il ne s’est pas passé une journée sans que je tape la discut’ à plusieurs personnes rencontrés au bord des chemin (notamment une mythique discssion sur le chemin de St Jacques avec un randonneur croisé au milieu du Dérochoir).