Balade Japonaise

Après l’Islande et la Corse l’année dernière, je continue mon tour des îles. J’ai choisi un juste milieu entre ces deux îles : la chaleur corse et les précipitation islandaises, ça donne le Japon. 😀 (je suis mauvaise langue, il a quasiment pas plus… en journée).

J’ai pas mal hésité avant de prendre mes billets vu que ce n’était pas du tout en haut de ma liste d’envie. Mais vu les complications administratives du pays qui m’intéressait le plus, et comme ma sœur est à Kyoto pour six mois, j’ai finalement choisi le Japon. Une fois la destination fixée, il m’a fallut trouver quoi faire. Comme d’habitude, je pensais faire une rando à pied. Mais les itinéraires « connus et balisés » (très souvent des pèlerinages) étaient soit trop urbanisés, soit bien trop courts.

Après de nombreuses tergiversation, j’ai donc choisi de partir en vélo. Grande première pour moi qui suis au mieux un cycliste occasionnel. Comme en plus je m’étais fait voler mon vélo de route fin 2016, autant vous dire que mon niveau de préparation atteignait des sommets. Cependant, le vélo me semblait le choix le plus adapté pour moi qui voulait en voir le plus possible et qui souhaitait à la fois profiter des paysages mais aussi découvrir la culture. Et si le Japon est un pays très urbanisé, tout l’arrière pays montagneux est tranquille avec de très belles routes, donc c’est parfait pour rouler.

Du coup, un peu moins d’un mois avant le départ j’ai acheté un vélo milieu-bas de gamme Décathlon (Triban 520 – spoiler alert: j’en suis très content). Je ferais un message détaillé sur le matos. Lors de mon départ, j’avais environ 530km et 9000m de D+ à mon actif, ce qui est peu. Je ressentirai bien ce manque de préparation.

J’ai aussi dû faire modifier mon billet d’avion pour inclure ledit vélo, ce qui m’a fait ajouter à la facture… 0€. 550€ A/R Lyon – Osaka avec un vélo, un bagage soute (46kg en tout) et un bagage cabine, merci Lufthansa (pour une fois que j’ai pas l’impression de me faire arnaquer en prenant l’avion). J’avais payé à peu près la même chose pour aller en Islande…

J’ai finis d’acheter le matos vélo (sacoche, etc.) deux jours avant de partir. Niveau organisation je suis pas mal je pense. J’ai fait le choix de partir avec une sacoche de vélo étanche (20l) et un sac à dos étanche (22l) accroché au porte-bagage afin de me permettre de me balader facilement avec mes affaires sensibles sur le dos en cas de besoin. Vu que je n’ai jamais eu peur pour mes affaires (et oui, c’est le Japon), je ne me suis jamais servi de mon sac à dos autrement que sur le vélo. 40l en tout, c’est beaucoup et j’avais souvent de la place libre, mais au moins ce n’était pas prise de tête pour le chargement ou pour chercher un truc, donc ça me va. Je ferais un post sur le matos, même s’il n’y a rien de révolutionnaire et aucun poids (je n’ai pas de balance). Je pense rester dans le thème vu la simplicité de la liste.

Au niveau de la préparation de l’itinéraire, ça s’est fait au feeling sur Google Maps. Toutes les routes goudronnées (et même certaines non revêtues) ont droit à Street View, donc c’est vraiment facile de préparer un itinéraire au petits oignons. Je n’avais que quelques points de repères : départ (Onomichi, pour la route des îles), les villes de ferry pour circuler entre les îles et à travers les baies, deux points remarquables (Fuji et un autre truc) et arrivée (Tokyo). Voici le parcours que j’ai suivi :

Il est en trois parties :
Shikoku (rouge) : 435km, très montagneux
péninsule de Kii (vert) : 452km, beaucoup de littoral (mais jamais plat) et un peu de montagnes sans trop d’altitude
Honshu (bleu) : 754km, beaucoup de littoral (quasiment jamais plat), de la montagne.

Les distances sont les distances « utiles » ; avec tous les petits tours et détours que j’ai pu faire, mon compteur m’indique que j’ai fait environ 2100km.
Je ne peux malheureusement pas indiquer de D+, car il y a beaucoup (mais vraiment beaucoup) de tunnels, donc ça fausse les altitudes des traces gpx. J’ai essayé de ne pas mettre de points dans les tunnels, mais même comme ça le profil est faussé. Je pense qu’en moyenne j’étais entre 700 et 1000m de D+ par jour, avec parfois de grosses montées (cols), mais aussi souvent de petites variations. Les routes côtières sont par exemple un enchaînement fatiguant de petites ondulations de 20 ou 100m de dénivelé.

Au fur et à mesure de mon avancement j’ai de moins en moins suivi ma trace prévisionnelle, la dernière partie se faisant quasiment en improvisation avec l’aide de Maps. Je ne le regrette pas vu que c’est là ma partie préférée. Par contre j’ai eu le droit à un A/R de plus de 100km (facilement visible sur la trace bleue) à cause d’un col fermé…

Au niveau du retour, il va se découper de la sorte :
– Intro (on y est)
Jours 1 à 4 : départ et Shikoku
Jours 5 à 9 : de Shikoku à Kii
Jours 10 à 13 : En direction du Fuji
Jours 14 à 17 + fin : Du Fuji à Tokyo + retour à Kyoto
Matériel
Conclu + FAQ

Pour ceux qui seraient intéressés pour faire du vélo au Japon, le plus intéressant sera probablement la conclusion.
Un collègue m’a prêté une housse de vélo avec de grands blocs de mousse. Voilà donc à quoi ça ressemblait :


La moitié des blocs de mousse

C’est avec ces quelques bagages, pas forcément très lourd (en tout il y en avait pour moins de 35kg) mais assez encombrant que je suis parti de Grenoble à 6h du matin, pour arriver le lendemain à 10h à Kyoto (avec 7h de décalage horaire à ajouter à l’heure française). Entre temps, j’ai dû prendre deux trams, un bus, deux avions et un train. Comme en plus je n’ai pas réussi à fermer l’œil du voyage, j’ai été des plus efficaces la première journée.

Après avoir retrouvé ma sœur à la gare, nous nous dirigeons vers mon hôtel (K’s backpacker house, ~25€ la nuit en dortoir, personnel très sympathique). Il n’y a que 800m à faire, mais après ce voyage et en portant le vélo sous une chaleur déjà écrasante, ça m’a paru bien long.

Je reste deux jours et deux nuits à Kyoto, le temps de visiter rapidement même si la motivation n’est pas franchement là (je ne suis pas fan des endroits trop touristiques sous la chaleur). Je mets ici quelques photos issues de ces deux jours, vu que ça ne rentre pas vraiment dans mon voyage à vélo.


Le cimetière géant de Kyoto


Les japonaises n’aiment pas le soleil, donc les ombrelles sont souvent de sortie


Jardin du pavillon d’argent

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