Balade Japonaise – FAQ

Allez, un dernier message pour conclure. Ce sera plutôt une sorte de FAQ pour résumer un petit peu les différentes informations qui pourraient intéresser qui voudrait aller faire du vélo au Japon.

Mais avant ça, un petit mot. C’était mon premier voyage à vélo et mon premier voyage au Japon. Les deux nouveautés m’ont ravi. Le Japon est vraiment un pays idéal pour faire du vélo au niveau infrastructure. Et tant au niveau paysage qu’au niveau culturel, c’est un émerveillement perpétuel.

Le fait de faire 18 jours de vélo a été assez difficile pour moi. Je n’arrivais pas à récupérer d’un jour à l’autre comme je peux le faire quand je suis en rando à pied. Malgré tout j’ai réussi à prendre du plaisir et j’en garde un très bon souvenir. Ceci dit, je pense que mon prochain projet se fera à pied, notamment à cause de la logistique du voyage en avion avec le vélo (la flemme).

Maintenant, la FAQ.

L’itinéraire
Le Japon a la réputation d’être très urbanisé. C’est vrai pour le littoral (et encore, pas partout), mais l’intérieur des terres est beaucoup plus sauvage bien que parcouru par un réseau routier qui reste assez dense. Par contre c’est très montagneux, même si c’est de la moyenne montagne sauf dans les Alpes japonaises. Même le long des côtes c’est rarement (jamais) plat, donc globalement c’est assez fatiguant.

Je n’ai pas réussi à trouver de carte qui me convenait, donc j’ai tout fait avec google maps. La couverture est très bonne, toutes les routes sont indiquées, street view est passé partout et en mode courbe de niveaux on a le minimum vital pour savoir à quoi s’attendre.

Je trouve que mon itinéraire (voir le premier post) est plutôt pas mal pour quelque chose d’improvisé. Shikoku est très sauvage et très tranquille, c’est vraiment parfait pour faire du vélo. La péninsule de Kii est plus urbanisée sur le littoral, mais l’intérieur est là aussi très sympa, que ce soit au niveau des paysages ou au niveau culturel. Dommage que sur la fin j’ai été obligé de suivre la côte (pas de route traversant les montagnes). La dernière portion est celle où j’ai le plus roulé en ville (normal vu que j’étais entre Osaka et Tokyo), mais j’ai pu tourner autour du Fuji et aller sur la péninsule de Kii (mon coup de cœur).

Les routes
La première chose à savoir est qu’on roule à gauche. C’est un peu perturbant les premiers kilomètres ou quand on est fatigué. Mais finalement le seul moment où j’ai failli avoir un accident à cause de ça est le premier jour où je suis retourné au boulot après mon retour en France (j’y vais en vélo), vu que je me suis engagé dans une grande rue à contre-sens (la fatigue…).

Au Japon c’était moins grave les quelques fois où je me suis trompé de sens vu que les vélo roule un peu n’importe comment. J’ai souvent croisé des jeunes allant en cours à vélo à contre-sens sur la route. Heureusement, les japonais roulent plutôt bien et sont assez prudents. D’ailleurs, les limitations de vitesse sont plus basses qu’en France : 40km/h en ville, 60 en campagne (40 dès que ça tourne, donc en montagne), 100 sur autoroute. Du coup même si les limitations ne sont pas toujours respectées (je me suis régulièrement fait doubler alors que j’étais à 40 ou plus sur un route avec cette limitation), la vitesse globale reste plus basse qu’en France.

On a souvent l’idée d’un Japon envahit par les voitures. C’est vrai… en ville. Mais dès qu’on en sort, la circulation est globalement très calme. En dehors des zones très urbanisées (généralement le long des littoraux proches des grandes villes), on est plutôt tranquille.

L’état des routes varie globalement de bon à très bon (en même temps les japonais sont fans de travaux publiques, donc ils retapent souvent leurs routes). Il n’y a que sur certaines routes secondaires de montagne que j’ai eu droit à de mauvais revêtements.

Boire, manger et se soulager
Le truc le plus pratique du Japon, c’est probablement leurs conbinis, ces petites supérettes ouvertes 24h/24 7j/7. Les franchises que j’ai le plus rencontré sont Family Mart, Lawson, Circle K et 7-Eleven (pas à Shikoku). Ils proposent le strict nécessaire pour (sur)vivre et sont le meilleur ami du cycliste. Je n’ai que très rarement porté plus d’un repas d’avance dans mes sacoches. On peut y acheter des « plateaux repas » (bento, environ 5€) qu’ils peuvent même faire chauffer, des en-cas divers et variés (miam les onigiris pour moins de 1,5€ pièce), ont des toilettes. Certains (souvent des Family Mart) proposent un coin où s’assoir pour manger avec souvent des prises électriques.

Il est normal de rentrer dans un conbini, d’utiliser leurs toilettes (gratuites et toujours propre) et de repartir aussi sec. Mais sinon, il y a très souvent des toilettes publiques (là aussi toujours propres) disséminées un peu partout.

Entre les conbinis et les toilettes publiques, il est difficile de se trouver en rade d’eau. Mais si ça vous arrive, pas de panique ! Dans tous les hameaux, et à tous les coins de rue (voir plus) dans les villes, il y a des distributeurs de boisson. Bon, par contre faut savoir ce qu’on prend, parce que certaines ont littéralement le goût de produit pour chiottes.

Autres
Les japonais utilisent beaucoup les espèces pour régler leurs achats. Mais dans tous les conbinis se trouve un ATM qui accepte très souvent les cartes internationales. Il y a des frais d’environ 1,2% (si je me souviens bien).

Dormir
En dehors des villes, il y a soit de la forêt, soit des champs cultivés (et souvent des rizières). Il est donc difficile de trouver un endroit ou camper en pleine campagne (mais pas impossible). Par contre, toutes les villes ont de petits parcs qui proposent souvent des espaces où planter la tente est possible et avec des toilettes.

Vu que j’avais la flemme de planter la tarp, j’ai fait au plus simple : je m’arrangeais pour trouver un abri tous les soirs. Une seule fois je n’ai pas trouvé là où j’avais prévu (et encore, j’ai pas vraiment cherché). Espace pic-nique, toilettes, pergola… Facile de trouver un coin plus ou moins discret pour la nuit, avec toujours des toilettes à proximité pour la douche. Par contre attention aux moustiques…

En France, je ne ferais pas ça. Mais le sentiment de sécurité au Japon est assez impressionnant. Je n’ai jamais été embêté (sauf la fois avec les jeunes, et c’était rien), alors que j’ai dormi dans des parcs au milieu de grandes villes.

Sinon, pour dormir à moindre frais en ville, je vois trois solutions :
– internet café : entre 20 et 25€ la nuit, pas de réservation, pas de lit. C’est bon pour dépanner.
– auberge de jeunesse : un poil plus cher, et besoin de réserver
– hôtel capsule : même gamme de prix, pas besoin de réserver. C’est une expérience à faire.

Technologie et communications
Vu qu’ils ont des toilettes haute-technologie, il y a très souvent des prises électriques (ne serait-ce que pour chauffer les sièges). Du coup je laissais ma batterie externe charger discrètement pendant la nuit et je rechargeais les autres appareil depuis la batterie.

A Kyoto j’ai acheté une carte SIM uniquement internet : 30€ pour 5Go sur 21 jours. C’est un peu cher par rapport aux prix en France mais ça reste raisonnable. Le réseau est disponible partout (une seule fois je ne l’ai pas eu alors que j’en avais un peu besoin). Ça permet largement de charger Google Maps et d’avoir les infos qu’on veut.

Communiquer
Pas grand chose à dire à part rappeler que les japonais ne parle que japonais. Avec un peu de chance ils parlent quelques mots d’anglais. En ville c’est un peu moins pire.

Transporter son vélo
Aucun problème dans les ferry. Il y a un léger surcout, mais ça reste raisonnable.

Pour les trains c’est plus compliqué. Normalement un vélo complétement emballé passe, mais ma mésaventure du dernier jour montre que parfois c’est un peu plus compliqué. Le problème est surtout pour les shinkansen, je pense que pour les trains normaux il n’y a aucun souci.

Pour l’avion, avec Lufthansa j’ai payé un surplus de 0€, donc ça va. J’ai emballé le vélo dans une sacoche non rigide avec des blocs de mousses (cf. second post), aucun problème à signaler.

Balade Japonaise – Liste

Voilà la liste du matériel emporté (en vrac, en mettant aussi ce que j’avais sur moi).

Je n’ai toujours pas de balance donc je ne mets aucun poids. Ca me permet de rappeler que pour moi la MUL n’est pas qu’une affaire de poids, mais aussi et surtout de simplicité. Là dessus je pense que je suis pas trop mal, j’ai du mal à voir ce que j’aurais pu retirer de cette liste. L’étape suivante (et la plus coûteuse) serait de remplacer certains objets pour gagner un peu de poids, mais je ne fais pas assez de vélo/cyclotourisme pour vouloir y passer mon temps et mon argent.

Je vais publier en début de semaine un récapitulatif d’infos sur le Japon qui me semblent utiles pour qui voudrait y aller faire du vélo (ou de la rando, dans une moindre mesure). Certaines infos expliqueront une partie de mes choix dans cette liste.

Vélo
Vélo D4 Triban 520 Milieu-bas de gamme, cintre plat
Porte-bagage Premier prix D4
Sacoche étanche 20l Premier prix D4
Sac à dos étanche 22l Exped Typhoon
Sacoche de guidon
Sacoche de selle 0.5l
Chambres à air x2 Dans sacoche de selle
Kit outil Dans sacoche de selle
Recouvre selle Protège la selle et mon fessier
Pompe + porte-pompe Sans manomètre sad
Gourde 0.6l
Couchage
Abri
Sardines x8
Bâtons Bouts de bâtons de rando car rien d’autre à dispo
Polycree Le même que ‘habitude, qui commence à partir en morceau
Matelas
Sac de couchage Quilt Cumulus 350
Sac de compression 13l Trop grand, mais que ça en stock
Vêtements
Paire de chaussettes Change pour la nuit
Caleçon Pour la nuit
Short Pour me balader une fois posé et pour la nuit
MC merinos Pour me balader une fois posé et pour la nuit
ML merinos Pour la nuit (quasiment jamais mis en dynamique)
Chaussures Pour me balader
Veste imper Premier prix D4 (utilisée une seule fois)
Collant Pas utilisé sauf pour m’essuyer
Sur moi
Casque
Casquette Peu utilisé, mais nécessaire pour protéger mes lunettes de la pluie
T-shirt Premier prix D4 spécial vélo
Cuissard Premier prix D4 spécial vélo
Chaussettes Premier prix D4 spécial vélo
Chaussures vélo Shimano pour pédales auto
Gants
Électronique
Téléphone smartphone OnePlus One
Chargeur
Cable USB x2
Adaptateur
Liseuse
APN Sony RX100
Pochette APN Merci florencia smile
Batterie APN
Batterie externe
Misc
Boules quies
Pharmacie Pas grand chose
PQ De secours, pas utlisé
Cuillère plastique
Couteau
Savon
Brosse à dent
Dentifrice
Frontale
Papiers + sous + CB Dans ziplock
Cotons tiges
Crème solaire Super nécessiare
Carnet + stylo

Quelques remarques et précisions :

Vélo + matos vélo
Sur le vélo j’ai changé les pédales pour remettre des pédales auto Shimano (il me restait les chaussures de mon autre vélo). Ce sont des pédales mixtes avec un côté plat, donc c’est pas mal.
J’ai aussi changé le développement pour passer du 11-25 au 11-28 (heureusement).
Je suis très content de ma monture qui m’a donné toute satisfaction. Le cintre plat est à mon goût bien mieux que le cintre de course pour du cyclotourisme. Il y a de quoi mettre les porte-bagage aussi, pratique.

La sacoche étanche a bien fait son job durant la seule journée pluvieuse. Construction simple, fermeture par enroulement, facile d’accès… Exactement ce qu’il me fallait.
Le sac à dos est étanche aussi. Je l’avais pris pour pouvoir me balader avec, mais je ne m’en suis jamais servi comme ça (pas eu peur de me faire voler quelque chose, vive le Japon).

Le recouvre-selle m’a bien sauvé le fessier je pense. La selle d’origine est un peu dur pour le peu de kilomètres que j’avais fait avant de partir.

J’aurais préféré une pompe avec manomètre, même si j’aurais pu/du m’arrêter dans un magasin de vélo pour vérifier la pression.

Les 0.6l de la gourde était assez, mais j’aurais bien aimé avoir 1l pour avoir un peu plus de marge. Je bois beaucoup.

Couchage
Je ne me suis pas servi de mon abri ni de mes sardines. Mais bon, ça m’a servi d’oreiller…
Cumulus 350 globalement un peu trop chaud, même si une nuit ou deux j’ai eu un peu frais.

Vêtements
J’aurais dû prendre un change pour le vélo pour pouvoir laver et faire sécher mes affaires. Le Japon est trop humide pour que ça sèche en une nuit, et le cuissard mouillé m’irrite trop pour m’inciter à le nettoyer.

Électronique
J’ai acheté la batterie externe (7000mAh) juste avant de partir. Ça me permettait de ne pas être trop stressé par la gestion de l’énergie, sachant que je trouvais facilement de l’électricité au moins deux soirs sur trois. Je me servais beaucoup de mon téléphone pour gérer mon itinéraire (cartes, GPS, météo, etc.). A noter que le fait de ne pas avoir à trop regarder à la dépense en électricité ne m’a pas poussé à la modération quant à l’usage d’internet, c’est peut-être un peu dommage.

J’aurais pu me passer de la seconde batterie de l’APN, mais avec ça manie de s’allumer tout seul il pouvait rapidement se décharger sans que je le sache.

Comme toujours j’avais ma liseuse avec moi. Elle m’apportait un confort de lecture non négligeable pour les heures passer à lire. Je maintiens que c’est bien mieux qu’un téléphone pour l’usage que j’en ai, donc je ne perçois pas ça comme un poids superflu.

Misc
PQ inutile vu toutes les toilettes publiques.
J’avais une frontale globalement un peu grosse, mais pour un ou deux tunnels j’étais bien content de l’avoir.

Balade Japonaise – Partie 4

Jour 14 : Lac Sai – Cap Mihama (110km)
Je m’étais trouvé un endroit tranquille pour dormir. Malheureusement, il y a une sorte d’auberge de jeunesse pas loin, et des jeunes se baladent dehors en gueulant toute la nuit. Quand ils me repèrent, ils viennent voir plusieurs fois ce que je suis, avant que je leur dise d’aller voir ailleurs. Ils ne me dérangent plus, mais ma nuit est foutue.

Je me lève tôt pour voir le lever de soleil sur le Fuji, mais c’est un peu nuageux au début. Il y a déjà plein de monde sur la plage, notamment plein de pêcheurs qui se préparent à utiliser les barques. A 4h30, ils grimpent tous dans les barques, quittent le rivage et attendent à quelques mètres de là. Quelques minutes plus tard, quelqu’un resté sur la rive donne le top départ et les pêcheurs partent tous en ramant à toute allure… Jusqu’à se poser sur la rive en face, à une centaine de mètre de là, pour se mettre à pêcher.

Le début de la matinée consiste à suivre tranquillement les rives des lacs et à m’arrêter tous les 100m pour prendre une photo. Le lac Sai est très sympa, le lac Kawaguchi aussi bien qu’il soit un peu plus urbanisé. Le lac Yamanaka s’atteint après quelques kilomètres d’une route passante et n’offre pas de vue fantastique.

Je franchis un petit col et dois maintenant redescendre vers l’océan. Le début de la descente est jouissif, une des meilleures de mon parcours ; ensuite je rejoins une route plus passante en faux plat descendant. Rien de passionnant. Je rejoins le littoral à Numazu, et après quelques kilomètres je quitte la route principale pour rester sur le littoral et m’engager sur la péninsule d’Izu. La route est calme et les paysages sympa, j’aime beaucoup. La route ne cesse de monter et descendre le long des côtes volcaniques.

J’arrive assez tôt au cap Mihama, une avancé de sable avec des arbres qui protège une petite baie. Je décide de me poser ici pour la nuit et de profiter du Pacifique pour me baigner. D’ailleurs, on nous ment : le Pacifique, il est FROID. Ensuite je me pose au soleil sur la digue pour lire.

En début de soirée commence un vacarme impressionnant à base de musiques à fond et de cornes de brumes. La digue est large et avec des arbres, donc je ne vois pas la baie et je ne sais pas ce qu’il se passe. Puis voilà que débarquent des dizaines de voitures remplies de familles, des grands-parents aux petits-enfants.
Je suis le mouvement et je vais voir de l’autre côté ce qu’il se passe. Quatre bateaux tournent en rond dans la petite baie, et les gens sont là pour les saluer eux et leurs équipages. C’est assez rigolo de voir ces bateaux tourner avec de la musique, on se croirait au cirque nautique. Deux japonaises m’expliquent (difficilement, à base de rébus avec Google Images) que ce sont des thoniers qui sont en train de prier pour le sanctuaire shinto qu’il y a sur la digue. Ils partent pour un mois, donc les familles viennent dire au revoir. C’est cool d’être témoin de ça.

Je me pose sur la digue pour dormir, avec le Pacifique qui me sépare du Fuji. L’un des plus beaux bivouacs que j’ai jamais fait.


Le Fuji après que les nuages se sont un peu dissipés. Sur la rive d’en face on distingue les barques des pêcheurs.


Lac Kawaguchi


Début de la péninsule d’Izu


La côte est tout sauf plate


Cap Mihama. Je vais dormir sur la digue juste devant le batiment qu’on voit au bout du cap.


Les bâteaux qui tournent en rond


Départ pour un mois


Coucher de soleil sur le Pacifique

Jour 15 : Cap Mihama – Kawazu (110km)
Je me réveille assez tôt pour voir le lever de soleil sur le Fuji. Malheureusement, les nuages arrivent juste avant le soleil…

Je continue à suivre le littoral sur une petite route charmante. Plus loin je rejoins une route plus importante, mais la circulation reste tout à fait acceptable. Les paysages de côtes volcaniques déchiquetées sont superbes et il fait grand beau. Je suis heureux d’être là. Je prends mon temps et vais voir à droite à gauche ce qu’il y a voir : un cap volcanique, une plage, une ancienne carrière souterraine (impressionnant)… A un moment je vois un panneau « Ishibu Tanada ». Je n’ai pas de réseau pour savoir ce que c’est, mais je suis curieux donc je vais voir. Je me perds un peu, puis je me retrouve au milieu d’un champ de rizières en terrasse avec un moulin à eau au milieu et une vue sur le Pacifique. La classe. Par contre c’est raide !

Je quitte la route principale pour suivre la côte jusqu’à l’extrême sud de la péninsule. Beau littoral.

Le reste de la journée consiste à continuer au bord de l’eau jusqu’à Kawazu. Le ciel au dessus de la péninsule devient de plus en plus menaçant. Je monte (et c’est raide !) jusqu’à un premier parc qui est fermé pour la nuit. Je continue jusqu’au tout petit parc de la mine, où une source d’eau chaude jailli. Je m’installe ici pour la nuit, même si j’ai un peu de mal à trouver un coin qui ne soit pas trop lumineux. Il pleut bien durant la nuit.


Le Fuji en fin de nuit


Sans me lever


Sympa comme bivouac


Ancienne carrière de pierres utilisées pour les châteaux


Sortie de la carrière


Entrée de la carrière


Ishibu Tanada


Extrémité sud


Ilot volcanique avec des marches taillées pour y monter


Source chaude du parc de la mine

Jour 16 : Kawazu – Hiratsuka (105km)
Dernière vraie journée de vélo, vu que demain il ne s’agira que de rejoindre Tokyo…

Ça commence par un faux plat montant jusqu’à une célèbre portion de route (cf. photos). Mais avant ça, je tourne pour aller voir quelques cascades. C’est désert, j’en profite. De retour sur la route, je monte dans le pont circulaire (c’est rigolo) et continue la montée qui est maintenant bien plus sévère. Le ciel se dégage petit à petit. Passage du tunnel-col et descente vers la cascade de Joren. Elle est plutôt jolie (surtout que j’y passe entre deux cars de touristes, donc c’est assez calme) et il y a un champ de wasabi juste à côté.

Je termine ma descente jusqu’à Izu avant d’attaquer mon dernier col. J’y vais doucement (pour savourer, hein :D). Rizières, montagnes et forêts… Au revoir. La fin est un peu raide. De l’autre côté une descente tortueuse m’amène au Pacifique, que je suis toute la fin de journée. Rien d’intéressant, et routes passantes.

Je suis maintenant dans la banlieue éloignée de Tokyo (60km). C’est très urbanisé. Pour dormir, je décide de tester un « internet café » : pour une vingtaine d’euro j’ai un box assez grand pour que je puisse m’allonger, un fauteuil confortable, un ordi et des boissons à volonté. C’est pas la meilleure nuit du monde, mais c’est typiquement japonais. 😀 L’un des cyclotouriste japonais que j’ai croisé m’avait dit qu’il dormait dans ce genre de truc en cas de pluie.


Première vue sur le pont circulaire


Une des cascades


Dieu des cailloux ?


100Y/0.85€ pour trois cailloux (oui oui) qu’on peut jeter l’un après l’autre. Si l’un d’entre eux reste sur le gros rocher, ton vœu sera exaucé.


Dernière cascade accessible en vélo


Sur le pont circulaire


La cascade de Joren


Wasabi


Château d’Odawara

Jour 17 : Hiratsuka – Tokyo (60km)
Derniers coups de pédales…

Je pars vers 8h. Y’a des voitures partout, je zig-zag entre chaussée et trottoirs (les vélos roulent un peu n’importe où au Japon), je n’avance pas et c’est insupportable. Je passe par un gros temple encore désert. Le ciel est encore nuageux, mais je viens d’apprendre que la saison des pluies avait officiellement commencé, donc c’est pour ça que c’est souvent couvert. Mais pas de pluie pour moi, cool.

Sinon rien de spécial à raconter pour cette journée, si ce n’est que je me fais encore avoir par les routes qui deviennent interdites au vélo sans prévenir. Je dois passer par les petites routes, ce qui en soit ne me dérange pas mais me fait perdre un temps fou vu que je dois vérifier ma position et mon itinéraire sur mon téléphone bien trop souvent.

J’ai décidé d’aller dans le quartier de Shinjuku de Tokyo, connu pour sa vie nocturne. Je vais y passer deux nuits dans un hôtel capsule (c’est aussi typiquement japonais, alors je voulais tester). Au menu, soirée linguistiques au bar avec des américains et des australiens (d’après ce qu’il m’ont raconté, la différence culturelle entre le « cunt » australien et le « motherfucker » américain mérite une thèse), resto typiques dans les petites rues, découvertes des sakés locaux…


Entrée du temple


Le poids des années


Arrivée à Shinjuku


Spécialité japonaise : les travails inutiles. Ici, trois gardiens de parking là où un stop ferait l’affaire.


Pachinko. Juste après cette photo plusieurs employés viendront s’assurer que je ne prends pas de photos.


Miam


Golden Gai (quartier de 100m² avec plus de 100 bars)


Capsule hotel

Retour à Kyoto
Une dernière anecdote pour la route : en voulant prendre le shinkansen pour rejoindre Kyoto, je me suis fait refouler à cause de mon vélo (« trop grand »). Après 3h (littéralement) d’explications, négociations et essais divers et variés, plusieurs employés décident de démonter mon vélo et de le mettre dans des cartons. Heureusement qu’ensuite ils m’aident à monter dans le train… Mais mon vélo prend maintenant deux fois plus de place qu’initialement et j’ai mobilisé jusqu’à huit (!!) employés simultanément. La logique japonaise… Avant cette solution, ils m’avaient proposé de passer par un transporteur pour l’envoyer à Kyoto, sans garantie que je l’ai avant mon départ en avion et pour la modique somme de 400€ (pour un vélo en valant 500 neuf). C’est typiquement japonais ça, un savant mélange de respect débile des règles et de serviabilité presque dérangeante.

Je reste une journée/deux nuits à Kyoto où je me balade un peu, donc je mets ici quelques photos.


Vélo empaqueté par les employés

Balade Japonaise – Partie 3

Jour 10 : Minamiise – Hamamatsu (120km)
Debout à 5h10 après une nouvelle nuit à me faire bouffer par les moustiques. Ils ont l’air d’apprécier le sang français.

Je passe manger un bout au conbini (miam les onigiris de bon matin) avant de décoller pour de bon à 5h45. Je veux prendre le ferry de 8h10 depuis Toba, à une bonne trentaine de kilomètre.

Il y a un peu de brouillard, ce qui donne une ambiance sympa à travers les rizières. En chemin je longe des voies ferrées et croise donc des trains remplis d’étudiants en uniforme, ce qui donne des wagons entier de mec habillés avec les mêmes chemises blanches. La route est calme et tranquille, et à 7h je suis au terminal du ferry. Je dois attendre un peu plus d’une heure avant de pouvoir embarquer.

55 minutes plus tard, je suis de l’autre côté de la baie. Avant de partir pour de bon je passe voir un phare et des cailloux. C’est toujours assez brumeux. Le début est assez vallonné, mais ensuite c’est radicalement plat. Première fois depuis que je suis au Japon que je roule sans aucun dénivelé pendant plus de 5km. Malgré tout j’ai l’impression de ne pas avancer et j’ai du mal à me motiver, d’autant que c’est pas super passionnant. La route enchaîne les longues lignes droites sur les bords desquels alternent villages et serres.

Bref, journée peu intéressante. Le moment le plus notable est quand j’achète (enfin) une bombe anti-moustique. Comme je n’ai rien trouvé dans les conbinis, je passe dans une pharmacie (un vieux magasin qui ressemble à un magasin d’artisanat local d’un village montagnard en France). Autant vous dire que je suis content que mon mime de « bombe anti-moustique » à la vieille vendeuse n’ait pas été filmé.

J’arrive finalement à un endroit qui est marqué comme un camping gratuit sur maps. Il n’y a rien à part des toilettes et des espaces pour des tentes. Mais il y a une cascade pas moche pas loin et une rivière juste en dessous, sympa pour se baigner. Dommage qu’elle soit trop tranquille et donc qu’il y ait des algues qui se déposent sur moi dès que je bouge. J’en profite aussi pour faire un brin de lessive.

Demain il pleut, donc je ne sais pas encore ce que je fais. J’aurais bien pris un jour complet de repos (encore et toujours pour mes cuisses), mais je n’ai rien en bouffe et le coin est désert.


Temple à proximité de l’arrivée. Entrée payante et déjà fermé, dommage.


Baignade dans la rivière


Petite cascade


Faune locale

Jour 11 : Hamamatsu – Sakuma (60km)
Il pleut sévère jusqu’à environ 8h. Ensuite ça se dégage rapidement, et à 10h je pars sous un grand soleil. Mes affaires ne sont pas sèches, et mon cuissard m’irrite. Je préfère puer que souffrir, mais pour la prochaine fois je prendrais un change histoire de limiter les deux.

Tout d’abord je rejoins tranquillement le centre-ville en passant par un temple que je n’ose pas trop visiter vu qu’il y a une cérémonie à l’intérieur.

Je mange avant de repartir dans les montagnes. J’improvise mon trajet au jour le jour, avec dans l’idée d’être autour du Fuji le lundi suivant vu que c’est le seul jour sans nuage prévu par la météo.

La route est d’abord un peu passante, mais ça se calme, surtout que je passe de l’autre côté de la rivière (fleuve ?) sur une route inconnue des voitures (en tout cas on dirait). C’est cool.

Après une journée plutôt tranquille, j’arrive assez tôt à Sakuma. C’est assez grand du fait de la présence d’une importante centrale électrique liée au barrage du dessus, mais je ne trouve pas de conbini. Pas grave, j’ai de quoi survivre. Je vais voir le camping qui ressemble plus à un camp qu’autre chose. Personne. Je vais me poser sur le golf voisin en attendant la nuit pour m’installer discrètement.

Mais alors que je suis en train de lire à côté d’un évier (parce que chaque trou du terrain de golf à un meuble de cuisine avec un évier et l’eau courant. Je ne sais toujours pas pourquoi.), un gars arrive en voiture pour prendre des balles rangées là. Par politesse, je lui demande si c’est le gérant du golf. Il me dit que non, mais qu’il va l’appeler. Vu que personne ne répond, il me dit d’attendre et il part le chercher en voiture. C’est gentil, mais j’en demandais pas tant.

Il revient et on discute difficilement en attendant le « camping master ». Enfin arrive un petit vieux rigolo sur son scooter, son casque tressautant à chaque nid de poule.

C’est assez compliqué pour me faire comprendre. A la fin je déballe mes affaires pour leur monter mon système de couchage afin qu’ils comprennent que je cherche juste un abri pour la nuit, ce que le camping peut m’offrir vu toutes les terrasses des bungalows inoccupés. Le vieux me dit de le suivre au camping et il m’ouvre un bungalow en me rassurant : « no money, no money ». Dit comme ça ça parait rapide, mais toutes ces discussions se sont faites avec uniquement « Bonjour » et « Merci » en mot en commun…

Bref, j’ai un très bel abri pour la nuit. Je suis content.


Petite cascade pas loin de mon départ


Les gardiens du temple


La vallée à remonter


Le nombre de grosses rivières/fleuves m’a étonné


Petit affluent


Palace

Jour 12 : Hamamatsu – Yaizu (80km)
C’est probablement la journée la plus frustrante de tout mon voyage (avec peut-être la dernière). Mais reprenons dans l’ordre.

Cette nuit, encore une fois, ça a été le déluge. Finalement je suis bien content d’avoir eu mon bungalow. Je me lève vers 5h et je ne traîne pas trop ; pourtant, il y a déjà un mec en train de jouer au golf et le proprio bricole les douches. Je lui dis au revoir et m’en vais sur mon fidèle destrier.

J’ai beaucoup hésité sur le parcours à suivre ; finalement j’ai décidé de remonter un peu dans les alpes japonaises avant de passer deux ou trois cols pour me permettre de revenir dans la région du Fuji. Je commence donc par remonter une petite vallée dans la fraîcheur brumeuse du matin. Je ne croise personne, et cette solitude dans le brouillard donne une super ambiance. Je passe un col (pas de tunnel !) et redescends rapidement de l’autre côté. Ma roue arrière se comporte bizarrement, comme si elle était voilée alors qu’elle ne l’est pas. Je rejoins une vallée plus importante, que je remonte sur quelques kilomètres.

J’atteins un village au niveau duquel je dois bifurquer vers le premier col, le plus haut. Je tourne un peu mais je ne trouve pas de conbinis. Je fais une petite pause sur un pont. Juste avant que je reparte, une femme vient me voir et me propose de venir faire une pause dans son magasin. C’est un peu compliqué pour la comprendre, vu qu’elle doit utiliser la traduction automatique sur son téléphone. Et quand je suis à côté de mon vélo et qu’on me demande « Break? » (« pause » ou « cassé »), il peut y avoir confusion sur ce qu’on me demande.

Me voilà donc dans une salle/musée avec des tables, et des serpes et des scies présentées sur les murs. Étrange… Elle m’amène deux barres céréales et du café froid (« free! ») puis elle me laisse. Les barres sont bonnes, mais j’ai horreur du café. J’en bois quand même la moitié pour ne vexer personne.

Je retourne dans le magasin discuter un peu avec les deux tenancières. Elles sont super sympas et très curieuses de ce que je fais (« Sugoiiiiiiii! ») et d’où je viens. On rigole bien avec les réponses à côté de la plaque des traducteurs automatiques.

Elles me demandent où je vais ; après que je l’ai dit, elles m’annoncent que le col est fermé… Une d’entre elle appelle plusieurs personnes pour avoir confirmation. C’est confirmé.

Je n’ai plus qu’à redescendre jusqu’à Hamamatsu, mon point de départ de la veille. Chouette. Ça explique le gros A/R sur mon tracé. J’ai perdu 100km et une journée pour une partie certes sympa, mais pas transcendante au point de mériter ce détour. Au moins la route est sympa, même si je rejoins assez rapidement la route de la veille (au niveau de la photo avec la légende « Petit affluent »).

Une fois de retour à Hamamatsu, je veux me diriger au plus court vers le Fuji. Le but est maintenant d’en faire le tour, puis d’aller me balader sur la péninsule d’Izu avant de me diriger vers Tokyo. Le reste de la journée est donc peu intéressant car assez urbanisé. Je perds beaucoup de temps à chercher la bonne route, surtout que certaines routes deviennent tout d’un coup interdites au vélo.

J’arrive à Yaizu assez fatigué malgré ma courte journée. Je me pose dans un grand parc au centre de la ville, à côté d’un terrain de base-ball où s’entraîne une équipe de jeunes.

Jour 13 : Yaizu – Lac Sai (100km)
Nuit bof bof. Pourtant personne ne m’a dérangé.

Départ vers 6h. Je finis de traverser la ville puis suis la route côtière. Assez rapidement elle passe de l’autre côté de la montagne et là… C’est le Fuji. Et sans nuage, s’il vous plaît (parce que ce truc est un aimant à nuage, c’est super dur de le voir en entier). La route descend sur le pacifique (littéralement). Nouvelle ville à traverser. Piste cyclable le long de l’océan, cool… Ah ben non, elle est fermée pour travaux. C’est chiant. Sur la fin je passe prendre un petit dej dans un conbini. Au moment de repartir, mon pneu arrière est à plat. Plus que ça, il est même foutu tellement il est usé le long de la roue sur un côté. Je soupçonne d’avoir sous gonflé le pneu (pas de manomètre sur ma pompe à main). Il y a un magasin de vélo à 1km, la chance. Il est samedi matin, 8h, mais on est au Japon.

Le magasin est fermé, alors je m’installe devant et commence à tout démonter. Un gamin sort, me voit et va chercher quelqu’un. Sa mère sort, me voit et va chercher quelqu’un. Son père sort, me voit et viens prendre de mes nouvelles. Ils me vendent un pneu et me prêtent une pompe à pied pour que je puisse changer ma roue. J’ai perdu 1h (et 40€), mais je peux repartir. Moralité : la prochaine fois je prendrais aussi un pneu de secours.

C’est un peu compliqué de trouver son chemin avec les routes interdites au vélo, mais finalement je passe dans les montagnes pour remonter au nord. Je rejoins la route touristique qui fait le tour du Fuji au niveau des chutes de Shiraito. L’endroit serait magique s’il n’était pas si touristique, dommage. C’est valable pour le reste de la journée, même si les vues sur le Fuji sauvent un peu les meubles. Je me balade autour du lac Motosu (la vue sur le Fuji des billets japonais à été prise ici) avant de terminer ma journée au bord du lac Sai.

Il y a un musée de plein air qui prend la forme d’un village traditionnel. Le soir le Fuji se reflète dans le lac, c’est joli. Dommage que des mecs nettoient des barques sur les rives, ce qui cause de nombreuses rides qui viennent briser le reflet.

(Attention, beaucoup de photos du Fuji, mais je sais pas lesquelles choisir)


Il est lààààààà


Juste pour avoir le Fuji sans nuage et mon vélo sur la même photo

Balade Japonaise – Partie 2

Jour 5 : Tsurugi – Yura (135km)
Je n’ai pas bien dormi. Malgré mon quilt 350 j’ai eu froid, alors que la température n’a pas dû descendre sous les 5°.

En fait hier j’ai menti. Tsurugi n’est pas un col, vu qu’il y a un petit tunnel pour passer de l’autre côté de la montagne. Dès les premiers mètres, mes jambes tirent comme si j’étais déjà en fin de journée ; heureusement, je commence par une longue descente, d’abord sur une mauvaise route (le moins bon revêtement de mon parcours), puis sur une route moins raide mais plus large et de meilleure qualité sur laquelle je peux avancer à vive allure. Je dérange un troupeau de daims qui se baladait au bord de la route. Ils grimpent le raide talus du bord de la route à une vitesse impressionnante.

La descente se termine par un faux plat qui hésite entre monter ou descendre ; dès que ça monte, je suis obligé de tout mettre à gauche (touriste). Finalement je quitte la route qui devient de plus en plus passante pour prendre une route secondaire qui monte sec en direction d’un autre col[/del] tunnel. L’ambiance est plutôt sympa au milieu de la forêt avec le soleil du matin. La descente se fait encore le long d’une rivière sur une route déserte.

Au fur et à mesure que je me rapproche de Tokushima, la route devient de plus en plus chargée et de moins en moins intéressantes. La traversée de l’agglomération en direction du départ du ferry est longue et chaude. J’étais mieux dans les montagnes.

Au ferry (environ 23€ pour 2h de traversée), l’employé m’indique en anglais que le bateau part à 11h (« ferry leaves at eleven o’clock ») ; mais son accent japonais est tellement prononcé que je lui réponds que je ne comprends pas le japonais… On répète ça trois fois, avant que je comprenne ce qu’il veut me dire (et encore, parce que je savais déjà que le ferry partait à 11h). Avant d’embarquer j’échange quelque mot avec un cyclotouriste japonais (l’un des deux seuls que je croiserai). C’est plutôt sympa, mais ça reste limité vu son niveau d’anglais.

Le voyage se passe bien et le débarquement se fait à l’heure prévue, à la minute près. La suite de la journée n’est pas super intéressante : il s’agit d’abord de quitter Wakayama, puis de suivre une route assez passante le long de la côte. Si le profil ne montre pas de gros dénivelé, l’enchaînement de petites bosses sous la chaleur écrasante est fatiguant. Plus loin je trouve une route qui reste au bord de l’océan tout en étant plus tranquille, même si ça augment le dénivelé. Après le dernier col/tunnel de la journée (150m quand même, sachant qu’on est sur la côte) se trouve un très beau temple désert où aurait été inventé la sauce soja japonaise.

Finalement je m’installe à dans un petit parc à la sortie de Yura pour la nuit. C’est une petite ville de 5000 habitants, mais elle accueille un navire gazier de taille impressionnante.

Il y a beaucoup de moustiques, mais encore plus de vent. Je suis obligé de changé plusieurs fois d’emplacement, et je termine à moitié dans les toilettes, ce qui me force à me battre avec le détecteur de mouvement pour pouvoir dormir sans me prendre la lumière dans la tronche à chaque mouvement. Comme elle reste allumée super longtemps et que je me trompe deux fois de détecteur à masquer, je perds pas mal de sommeil…


La montée vers le tunnel


Puis la descente vers la mer


Après le ferry, une fois la route principale quittée


Méthanier

Jour 6 : Yura – Kawayu (120km)
Réveil encore une fois assez tôt, surtout que deux personnes sont allées aux toilettes à 5h. J’ai vite tout remballer pour ne pas passer pour le touriste sans gène.
Pour ce soir je me fais un petit plaisir en me dirigeant vers un onsen (bain chaud) gratuit dans la plus pure tradition islandaise. Mais en attendant, j’ai ma centaine de kilomètres quotidienne à faire. Le début est dans la même veine que la veille, avec une petite route côtière qui monte et descend tout le temps. Malheureusement assez rapidement je récupère la route 42 qui monte et descend pareil, mais avec la circulation en plus. Arrivé à Kamitonda je quitte le littoral pour prendre la route 311. Elle est plutôt sympa et remonte dans une vallée qui se rétrécie de plus en plus autour d’une rivière.

Au niveau d’un embranchement, je reste sur la 311 qui prend le nom de « Kumano highway » (ce n’est en rien une autoroute). Un centre d’information explique qu’on est au départ du pèlerinage Kumano Kodo qui permet de relier trois gros temples bouddhistes / shinto en passant par plein de petits sanctuaires et temples et est inscris au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO. Je décide donc de changer mon itinéraire pour me permettre de passer par les trois temples principaux. J’en profite pour faire une bonne pause au frais avant de reprendre la montée.

Un peu avant le tunnel (qui représente un col, vous avez compris le principe ?), je vais voir sur une route secondaire et je me retrouve devant des petites rizières en terrasse. La classe.

La descente est jouissive. La route descend régulièrement et vole à travers la vallée. Sur la fin les tunnels s’enchaînent, mais les anciennes routes contournent les avancés montagneuses donc je zappe certains tunnels. Ça me permet d’avoir de beaux points de vue sur les vallées et la rivière en contrebas.

Un dernier tunnel me fait passer dans une vallée parallèle où se trouve une petite station thermale. Un onsen se trouve sur les bords de la rivière. Mais finalement je passe plus de temps dans l’eau fraîche, ça fait du bien. J’aime imaginer que ça aide à la récupération de mes cuisses qui me font toujours aussi mal.

Juste au dessus se trouvent des toilettes qui forment un abri parfait pour dormir. En plus y’a de l’électricité. Pour changer, cet après-midi j’avais plus mal aux fesses qu’aux cuisses. Peut-être qu’un jour je n’aurais mal nulle part ?


Une des vallées à remonter


Entrée d’un petit sanctuaire


Au lieu de construire un gros temple, pourquoi ne pas construire un petit sanctuaire avec une miniature de temple ?


Premières rizières en terrasse


La route vole à travers les montagnes


Bain chaud extérieur (et gratuit) au bord d’une rivière


Et la rivière

Jour 7 : Kawayu – Nachi (70km)
Aujourd’hui je me prévois une journée tourisme un peu plus light, avec la visite de deux temples importants. Mais pour commencer, entre 5h et 7h30 je me baigne en alternant rivière (c’est frais) et onsen. C’est vraiment agréable et je profite du lever de soleil différemment de d’habitude.

Ensuite j’ai quelques kilomètres jusqu’au premier temple, Kumano Hongu-taisha. Il est encore relativement tôt, mais il commence déjà à y avoir du monde. Je me balade aussi dans les alentours, où se trouve le plus grand torii du Japon à l’emplacement originel du temple (déplacé pour ne plus subir les crues de la rivière).

Je rejoins ensuite la côte en suivant cette rivière. La route n’est pas trop passante, les paysages sympas… J’aime bien. Après avoir suivi le littoral sur une dizaine de kilomètre, je retourne dans l’intérieur des terres pour monter au deuxième groupe de temple (Kumano Nachi-taisha), connu pour sa pagode sur fond de cascade. Il y a de nombreux temples, mais beaucoup de monde et de magasin, ce qui donne l’impression d’être dans un centre commercial. Dommage… J’avais prévu de dormir dans le coin, mais je ne trouve pas d’emplacement (sans chercher vraiment à fond), donc je décide de retourner à Nachi pour dormir au bord de l’océan. La baie est formée par une grande plage bordée par une pelouse avec des tables protégées par des pergolas supportant des plantes grimpantes. Je me cale à un de ces endroits, pas loin de toilettes avec des robinets extérieurs et un tuyau qui me fournit une douche de qualité.

Le soir quelques japonaises viennent faire du yoga à proximité, puis une mère et ces deux enfants viennent s’amuser avec des feux d’artifices. Malheureusement ça ne fait pas fuir les moustiques. Je pense que je suis en train d’établir un record du nombre de piqûres. Dire qu’en France je ne crains pas les moustiques…


Lever de soleil sur la rivière et les sources chaudes


Kumano Hongu-taisha


Le plus grand torii du Japon


Ancien emplacement du temple


Au bord de la route…


Tout droit pour Los Angeles


Kumano Nachi-taisha

Jour 8 : Nachi – Shimokitayama (70km)
Deuxième journée plutôt tranquille afin de laisser mes cuisses un peu tranquille. Vers 5h45, alors que je suis en train de me préparer, une petite vieille vient me parler. Ca fait plaisir, elle parle plutôt bien anglais donc nous pouvons vraiment échanger. Quand je lui explique ce que je fais, elle a la même réaction que tous les japonais avec qui j’en parle : « Sugoiiiii! » (« Incroyaaaaable », et je n’exagère pas sur la durée de la dernière syllabe). Elle me demande carrément de monter sur mon vélo pour pouvoir me prendre en photo. 😎

La journée commence en revenant sur mes pas de la veille pour aller voir le troisième et dernier temple (Kumano Hayatama-taisha) à 15km de là. Vu qu’il est tôt, les magasins sont fermés et je suis absolument seul hormis quelques moines, donc c’est plus agréables que les temples de la veille.

La suite se fait d’abord le long du littoral. Même si c’est modérément passant, c’est plutôt moyen donc je suis plutôt content lorsque je bifurque vers l’intérieur des terres. Le secteur est en plus très sympa et la montée assez tranquille même si sur la fin ça se raidit. Enfin j’arrive au seul point que j’avais fixé dans mon parcours avant mon départ : Maruyama Senmaida, un site de rizières en terrasse assez impressionnant. J’y reste un bon moment, surtout qu’il n’y a personne. Je repars lorsque des bus de japonais arrivent… J’étais descendu au milieu des rizières, la montée pour reprendre la route est raide et franchit allégrement les 15%.

La route descend ensuite tranquillement en direction d’une autre vallée, qu’il s’agit de remonter sous un soleil de plomb. Je pense que ça a été un des moments les plus chauds de mon parcours (35, 36° ?). Sur la fin, je suis bêtement les panneaux qui annoncent ma destination plutôt que de suivre ma trace, donc je gagne 10km de distance, mais je me tape une montée de 3km à environ 15% pour accéder à un tunnel. Le soleil tape sur les falaises, il n’y a pas un souffle d’air, mes cuisses pleurent et moi je souffre.

C’est donc doucement que je continue jusqu’à Shimokitayama, petit village blotti sous un gros barrage. Une fois n’est pas coutume, je vais me poser au camping dans l’espoir d’avoir une douche et du wi-fi. La gérante me dit d’attendre quelqu’un qui parle anglais, qu’elle appelle. Quand il arrive, il ne sait dire qu’une seule chose : « sorry, I don’t speak english ». A grand coup de traducteur automatique, nous arrivons vaguement à nous comprendre. Je n’aurais pas de douche, mais une entrée à l’onsen du coin. Cette fois-ci il n’est pas sauvage, donc me voilà à poil au milieu des vieux japonais. C’est une expérience. Je passe beaucoup plus de temps dans le bain d’eau froide que dans les autres.


Lever de soleil depuis le sac de couchage


Entrée de Kumano Hayatama-taisha


Peu après avoir quitté la route du littoral


Arrivée à Maruyama Senmaida


Il fait chaud…


Petit sanctuaire paumé


Rivière issue du déversoir du barrage

Jour 9 : Shimokitayama – Minamiise (130km)
J’ai dormi sous les arbres, mais pas assez, alors mon quilt est mouillé. Dommage.

Comme d’habitude je pars tôt. Il faut d’abord monter sur le barrage, puis ensuite suivre le lac dont le niveau est malheureusement assez bas. Mais passé les ouvriers sur le barrage, je ne croise absolument personne, donc je savoure. Quelques kilomètre plus loin, je dois passer un pont qui est fermé et barricadé. Sauf que si je ne peux pas passé, je suis complètement bloqué et dois faire radicalement demi-tour, donc ça ne me motive pas trop. Du coup je fais mon rebelle et je passe outre.

Et je fais bien ! C’est désert (forcément) et super cool. Je passe un second barrage et continue à longer un lac qui se rétrécit petit à petit jusqu’à ce que je me retrouve à remonter une rivière dans une petite vallée. A un moment je vois un petit sentier au bord de la route, donc par curiosité je vais voir en laissant le vélo. Je me retrouve devant une superbe cascade. Moment magique.

Je continue de remonter la vallée jusqu’à un tunnel à l’autre bout duquel des ouvriers travaillent ; j’ai tout juste la place de passer. De l’autre côté, je fais une petite pause lorsqu’un ouvrier vient me voir pour me dire que le tunnel est infranchissable. Oups, fallait me le dire avant. J’attaque la longue descente. Encore une fois les paysages sont magnifiques (je commence à être à court de superlatifs). Encore une fois un sentier me fait de l’œil, donc je vais voir. Il ne mène nulle part, mais je me retrouve au milieu d’une horde de singes. Ils s’enfuient tous sauf un qui me surveille. J’arrive à lui voler une photo floue. Finalement j’atteins un petit village et je croise une voiture, la première en 40km. Autant vous dire que ça a été une de mes portions favorites.

J’arrive à Aiga, où je mange au supermarché. Le reste de la journée consiste à 90 km sur la route côtière 42, rien de bien passionnant… A Minamiise se trouve un petit parc avec toilettes et un abri, parfait pour dormir.


Barricade


La cascade


De l’autre côté du tunnel


Pendant la descente


Un peu avant Aiga


Un singe.


Tout petit sanctuaire


Il pourrait faire peur s’il ne louchait pas

Balade Japonaise – Partie 1

Partie 1 : Shikoku

Jour 1 : Onomichi – Imabari (85km, ~200m D+)
Le lundi matin, c’est le grand départ. Je descends en train à Onomichi (légèrement au nord d’Hiroshima), en prenant d’abord un Shinkansen (l’équivalent nippon du TGV) puis un train local. Mon vélo (complètement remonté) est dans un sac de protection de qualité fabriqué à coup de sacs poubelle 120l et de duc-tape. Les vélos doivent impérativement être intégralement emballés pour pouvoir prendre le train, c’est pour ça que je dois traverser plusieurs gares avec le vélo le moins facile à transporter au monde.


Ca c’est de l’emballage de qualité !

J’ai souhaité partir de Onomichi pour pouvoir emprunter le Shimanami Kaido. C’est une autoroute qui part de l’île principale (Honshu) pour arriver sur Shikoku en passant par tout un tas d’îles grâce à de grands ponts. Une piste cyclable d’environ 75km est aménagée et est réputée comme étant une des plus belles du Japon, voir du monde.

C’est donc vers 11h que je donne mes premiers coups de pédale en direction du premier pont. Je traverse Onomichi en achetant à manger pour mon midi (inutile, il y a des magasins partout). Petite surprise : le premier pont n’a pas de piste cyclable. Après vérification, en effet, la traversée classique se fait en prenant un petit ferry pour atteindre la première île. (Oui, parce que sachant qu’il y avait une piste cyclable, je n’ai pas du tout préparé cette partie de l’itinéraire). Mais bon, il y a une route à côté de l’autoroute, donc la traversée se fait bien. Au niveau du premier village je rejoins la piste cyclable, qui consiste simplement en un balisage particulier sur la route. Mais comme il y a très peu de circulation, c’est pas mal du tout. Et rapidement, je pédale tranquillement au bord de la mer du Japon.

Autour des ponts, la piste se sépare de la route pour nous permettre de traverser sans fréquenter les voitures. Ca donne un très beau passage sous un pont, mais aussi de bonne petites montées pour rejoindre les ponts. Dans une de ces montées, un cycliste arrive à balle en descendant, et en m’écartant pour lui laisser de la place je roule sur un serpent qui traversait la piste. C’est le seul serpent vivant (et mort, du coup) que je verrais de mon voyage.

La piste oscille donc entre littoral, ponts et intérieur des îles. Ca permet de voir aussi quelques villages et temples, des forêts de bambous, des chantiers navals… Finalement, après un dernier pont long de plusieurs kilomètres, j’arrive à proximité de Imabari. Je me dépêche de traverser la ville (pas passionnant) en direction du château, dans la cour duquel je rentre par l’entrée principale. Je prends quelques photos malgré les difficultés d’avoir un bon cadrage à cause des ombres. Il est 18h, le soleil est en train de se coucher (nuit à 19h30). En sortant par l’entrée de derrière, grosse surprise avec une vue sublime sur le château et son plan d’eau. Il y a un petit parc avec une table abritée, je m’installe là pour la nuit après une première journée qui m’a ravi à tout point de vue.

Avant de me coucher, je teste un des bâtons que j’ai amené pour pouvoir monter l’abri : il est bloqué, impossible de l’agrandir. L’improvisation atteint des sommets. Je jette le bâton en me disant que je trouverai un bambou pour le remplacer.


Premiers kilomètres le long de la mer


Le second pont


Et la piste cyclable sous le pont


Le dernier et plus long des ponts (l’île du milieu n’est que la moitié du pont)


Le château d’Imabari vu depuis mon lieu de « bivouac »

Jour 2 : Imabari – aire de repos d’Omogo (90km)
Le lendemain matin je suis réveillé très tôt (vers 5h) par le jour. Ce sera comme ça tout les jours. Il faut un petit moment pour s’habituer à ce rythme calqué sur les heures solaires. Ainsi, midi correspond plus ou moins exactement au milieu de la journée, au contraire de la France où il y a un décalage de 2h.

Avant de partir, je passe dans un conbini me prendre un petit dej à base d’onigiri (boule de riz avec quelque chose dedans) et retourne dans la cour du château. Un groupe de japonais fait de drôles d’exercices, notamment se forcer à rire pendant plusieurs dizaines de secondes. Ça fait un peu peur.

Le début de la journée n’est pas super passionnant vu que je dois sortir de l’agglomération et que ça se fait sur une route assez passante. J’ai déjà du mal, les jambes ne tournent pas bien. Je croise mes premiers champs de riz (photo ! juste pour la forme, parce que j’en verrais beaucoup et des mieux). Une montée assez raide me permet d’atteindre un tunnel ; le revêtement de la route est globalement très bon, même si par endroit le goudron est rainuré dans le sens de la progression, ce qui n’est pas super agréable avec mes pneus assez fins. Je ne sais pas pourquoi c’est fait comme ça, je croiserai cette configuration plusieurs fois. En descente c’est une plaie.

Je fais donc connaissance avec les routes de montagne japonaises. Quasiment systématiquement le col est zappé grâce à un tunnel. Du coup autant je déteste les tunnel en vélo, autant leur vision m’était parfois agréable car ça signifiait quelques dizaines ou centaines de mètres de D+ gagnés ainsi qu’un bref instant de fraîcheur sur les routes les moins fréquentées (sinon un instant de pollution).

Une courte descente plus tard, je quitte la route principale pour remonter une vallée secondaire sur une petite route des plus sympathique. J’adore l’ambiance de ce coin qui semble oublié. Parfois la route se rétréci au point d’à peine laisser la place à une voiture. Je traverse des zones de bambous, des rizières puis une forêts de pins tout droit. Au col se trouve un golf privé (les japonais semblent fans de golf) ; de l’autre côté la descente est très raide, je reste cramponné à mes freins jusqu’à ce que la route s’élargisse de nouveau.

En bas je me retrouve dans une très large vallée urbanisée et avec pas mal de circulation. Ce n’est pas franchement agréable, surtout avec la chaleur. Je fais une longue pause dans un conbini qui offre un petit espace pour manger (avec électricité, pratique). Ensuite je reprends la route, et peu après le début de la montée je peux enfin bifurquer sur une route bien plus tranquille. La montée est sympa, régulière et calme. Le col est l’un des deux seules de tout mon voyage avec un panneau ; de toute façon la plupart du temps la route passe par un tunnel, donc finalement j’aurais fait relativement peu de cols à proprement parlé. Un peu frustrant avec toutes les montées que je me suis tapé.

Le ciel se voile petit à petit, et la descente est presque fraîche. Au milieu de la descente se dresse un mur, quelques centaines de mètres à 15%. Ça fait mal. Je rejoins la vallée de Omogo, que je remonte tranquillement. Quelques kilomètres plus loin se trouve une aire de repos fermée. Elle m’offre un très bon abri, des toilettes, des robinets extérieurs parfaits pour me laver, et de l’électricité. Je décide de m’arrêter là pour la journée.

Il commence à pleuvoir en début de soirée.


Premières rizières


Vallée oubliée


Peu après la bifurcation vers le col


A mi-chemin

Jour 3 : Omogo – Motoyama (105km)
Il a bien plu cette nuit. Heureusement, si le ciel reste bien couvert, je peux pédaler au sec. Ça commence par un faux plat montant d’environ 5km jusqu’aux gorges de Omogo, très beau site naturel. Je pense que c’est assez touristique, mais à 6h du mat il n’y a pas grand monde. Je fais un petit A/R de quelques kilomètres pour les remonter et profiter du paysage. Avec les nuages c’était sympa au niveau de l’ambiance, mais pas top pour les photos ; je regrette un peu le temps des jours précédents.

Lorsque je rejoins la route, elle s’élève brusquement. C’est parti pour 1300m de montée en deux morceau. C’est parfois un peu raide (8, 10% ?) et sur la fin j’en bave un peu. En plus mes cuisses ne sont pas bien reposées des jours précédents et chauffaient dès le début de la montée. J’en avais parlé dans mon trombi, mais pendant une dizaine de jours, le matin j’avais l’impression de ne pas avoir reposé mes jambes, donc ce n’était pas facile du tout. Quoi, vous avez dit manque d’entraînement ?

Enfin bref, je monte à mon rythme « tout à gauche », mais je monte quand même. Moins d’un kilomètre sous le sommet, il commence à pleuvoir, donc je jette toutes mes forces dans la bataille. De toute façon c’est la dernière montée du jour.

Au sommet se trouve un petit magasin de souvenir où j’achète une sorte de beignet. Je le mange sous un abri où se trouve quelques écoliers ainsi que leurs accompagnateurs (aussi nombreux que les gosses). Ils sont rigolos à se tenir bien droit en écoutant religieusement les adultes, autant de discipline qu’à l’armée.

Je vais voir le temple, où un moine m’invite à entrer. Il essaie de m’expliquer à quoi servent certains outils, mais je ne comprends rien. Je crois que le seul mot d’anglais qu’il connaissait était « hello » (surtout qu’il m’a dit ça quand je suis parti), ce qui n’est pas très loin de mon niveau de japonais.

Il pleut franchement. J’enfile ma tenue de pluie, glisse ma casquette sous le casque (indispensable contre la pluie, surtout avec des lunettes), et c’est parti pour une longue descente humide. A chaque virage se trouve un miroir permettant de voir de l’autre côté, c’est super pratique. Toutes les routes de montagnes ont ça, c’est un gros plus lors d’une descente en vélo.

Le reste de la journée est à l’avenant. 90km sous la pluie, c’est long, surtout que même si c’est globalement descendant, c’est une succession de petites montées-descentes. Par contre le secteur est très sympa, avec de belles vallées creusées par d’impressionnantes rivières et de multiples lacs artificiels. La route croise de nombreuses cascades et ruisseaux.

J’arrive à Motoyama alors que la pluie se calme. Je fais quelques courses et vais me mettre sous l’abri du camping gratuit et désert. Je suis vraiment rincé (dans tous les sens du terme), donc je décide de faire une journée courte le lendemain.


Entrée des gorges


Malheureusement je ne verrais que ce panneau


un peu avant le col. La route est à gauche ; elle s’appelle « skyline ».


Le temple du sommet


Une des vallées descendues

Jour 4 : Motoyama – Tsurugi (85km)
Je dors mal. Les moustiques me dévorent. C’est le déluge. Je fais une grasse mat’ et me lève à 7h. Même si la pluie s’est arrêtée je ne suis pas très motivé, mais les moustiques m’attaquent en nombre donc je décolle. Je suis une route moyennement passante plutôt moyenne avant de franchir un col (i.e. un tunnel) qui me permet de passer dans la vallée d’Iya. La montée est courte mais intense, avec de bons passages à 10%. Il pleuviote de temps en temps, mais le temps se dégage au fur et à mesure.

la vallée d’Iya est célèbre pour ses ponts de liane. J’avais prévu de m’y arrêter pour la nuit, mais je n’ai fait que 45km et je n’ai pas trop envie de m’arrêter là. Je remonte donc la vallée (faux plat montant). J’ai vraiment une allure de sénateur et je mets tout à gauche dès que la pente dépasse les 4%. Oui, je mouline beaucoup, mais mes cuisses me remercient. Je passe par le village d’épouvantails, c’est un peu spécial. Sinon pas grand chose de notable, même si c’est plutôt sympa et très tranquille. Encore une fois, aucun cycliste alors que l’environnement s’y prête bien. Au col de Tsurugi je croise un daim. Je mange un plat de Udon (nouilles), bon et pas cher (4.5€) au resto du col. Je dors sous une avancé d’un bâtiment.

Le col de Tsurugi est le point culminant de mon parcours (1400m).


Le pont de liane


L rivière Iya


Arrivée au village des épouvantails


Temple au col de Tsurugi

Mare e monti a mare à travers la Corse

Tout ça a d’abord été publié sur un forum et j’ai la flemme de repasser dessus, donc plein de fautes et des références incompréhensibles. Mais vu que j’ai d’autres trucs à publier, je rattrape un peu mon retard de publication.

Cet été j’ai été pris de passion pour les îles tropicales. Du coup, après l’Islande, me voilà en Corse. Une petite traversée ça fait toujours du bien, n’est-ce pas ?

Lire la suite Mare e monti a mare à travers la Corse